Sports

Guéri par…le foot !

  •    A Ciudad Juarez, la ville la plus meurtrière du Mexique, à la frontière américaine du Texas où les cartels de la drogue s’entretuent pour le contrôle du trafic, Julio, 30 ans aujourd’hui, a fait partie d’un de ces gangs d’adolescents qui servent souvent de "petites mains" aux trafiquants. Et lui-même se droguait, raconte-t-il maintenant à l’AFP, joint au téléphone 
  • depuis Mexico.
  •  
  •    "On me cite en exemple pour tous les jeunes confrontés aux problèmes de délinquance et d’addiction aux drogues", assume cet avant-centre, arrivé en Première division il y a seulement un an et demi. "Ma vie peut les aider, car je me suis trouvé dans les mêmes problèmes avant de devenir un professionnel de football", témoigne-t-il.
  •  
  •    Délinquant dans un quartier "chaud", il l’a été au point d’être arrêté, condamné et détenu à 17 ans. "Mais en sortant j’ai été papa, d’un fils, et mon chemin a commencé à se redresser. Ensuite, le football m’a énormément aidé à me sortir de tout ça", explique-t-il. 
  •  
  •    Il a commencé à gagner sa vie comme footballeur à 20 ans, dans différentes équipes de divisions inférieures, avant d’aller tenter sa chance aux Etats-Unis en passant clandestinement la frontière, comme des millions de Mexicains avant lui.
  •  
  •    A El Paso, de l’autre côté du Rio Bravo, le football est passé à l’arrière-plan: il a gagné sa vie pendant trois ans en travaillant dans le bâtiment, continuant certes à jouer, mais dans un club amateur.
  •  
  •    Les demi-finales du championnat professionnel du Mexique étaient alors plus loin que jamais. Mais c’est là-bas qu’il a été récupéré par les "Indios", alors en Deuxième division et qu’il a contribué à faire accéder au niveau supérieur, en 2007.
  •  
  •    "On a vu beaucoup de joueurs qui s’arrêtent pendant six mois et ne reviennent jamais. En ce qui me concerne, je suis revenu avec une grande faim de victoire, l’envie d’être quelqu’un. Aujourd’hui, je le goûte d’autant plus, compte tenu de tout ce que j’ai souffert pour y arriver", poursuit-il.
  •  
  •    La ville de Ciudad Juarez pourrait en dire autant…
  •  
  •    "Les gens ont enfin pu voir autre chose que de la violence", se réjouit Julio. "Dès dimanche soir, c’était la fête en ville, l’accueil avait été magnifique à l’aéroport, jamais on n’avait vu ça à Ciudad Juarez", se souvient-il.
  •  
  •    Julio a partagé tout particulièrement cette allégresse, lui, le seul de l’équipe à être né dans cette ville où le danger, il le sait toutefois, les menace au moins autant que le reste de la population.
  •  
  •    "Les joueurs ne roulent pas en voitures luxueuses, les leurs n’attirent pas l’attention, surtout depuis ce qui est arrivé à Cirilo", explique-t-il.
  •  
  •    Cirilo, c’est Saucedo, un des gardiens de but, à qui des bandits ont volé sa voiture, l’arme au poing. Quelques mois plus tôt, il avait fait la "une" d’un quotidien local, selon lequel il avait été… décapité.
  •  
  •    L’insécurité à Ciudad Juarez contraint aussi les joueurs à éviter les sorties nocturnes: "un avantage" pour l’équipe, qui se concentre mieux sur le football, plaisante Julio.
  •  
  •    Après avoir éliminé le tenant du titre et battu au passage le "Chivas", autre grand du championnat, les "Indios" s’attaqueront jeudi en demi-finale au super-favori, Pachuca, sorti en tête des qualifications.
  •  
  •    "Nous avons intégré mentalement que si nous avons battu le champion en titre, tout peut arriver", conclut Julio.
  •  
  •    
  • Ennaharonline/ AFP

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close