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Hollande, président au style paisible mais solitaire et en manque d'autorité

     A l’inverse d’un Nicolas Sarkozy,  hyperactif aimant trancher dans l’urgence quitte à bousculer son entourage,  François Hollande a imprimé en un an de mandat un style plus paisible tout en  adoptant un exercice du pouvoir en fin de compte assez solitaire.    Celui qui se rêvait "président normal" a dû aussi se résoudre à monter en  première ligne, rattrapé par la tradition "monarchique" de la Ve République et  la crise mais aussi l’autorité discutée de son Premier ministre Jean-Marc  Ayrault qui a laissé la cacophonie s’installer au sein du gouvernement.    Pendant sa campagne, le candidat socialiste, visant son rival, fustigeait  "un être anormal" et mettait en cause "des comportements au sommet de l’Etat  qui n’ont pas été normaux, des façons de dire, des façons de faire, des façons  de s’exhiber".    Dès son arrivée à l’Elysée, il insuffle un nouveau style.    Là où Nicolas Sarkozy pouvait être "blessant" avec ses collaborateurs,  "anxiogène" dans sa hâte de l’action, d’après des observateurs du temps de  l’ex-présidence, François Hollande, adepte de la concertation maniant  volontiers l’humour, va rarement à l’affrontement, quitte à donner l’impression  de donner raison à des interlocuteurs aux avis opposés.    En réalité, "dans la décision politique, c’est un grand solitaire, il  écoute, consulte, mais ensuite décide toujours seul", relate un de ses amis de  longue date, décrivant "un homme en fin de compte très secret".  "Insaisissable", disait de lui son fils aîné Thomas Hollande, à ses côtés dans  la campagne présidentielle.    Là où Nicolas Sarkozy avait des conseillers très influents comme Henri  Guaino (qui écrivait ses discours), Patrick Buisson (inspirateur de sa campagne  2012 très à droite), et Jacques Chirac un Dominique de Villepin qui se targuait  de "manoeuvrer son cerveau", François Hollande "n’a jamais eu de gourou",  assure aussi ce proche.    Pour s’entourer, il a largement puisé dans la promotion de l’Ecole  nationale d’administration (ENA), vivier des élites françaises, dont il fut  élève. Deux de ses plus proches collaborateurs en sont issus: le secrétaire  général de l’Elysée, Pierre-René Lemas, et sa directrice de cabinet Sylvie  Hubac.    Mais François Hollande a "horreur d’être enfermé dans un cadre", décrit un  autre proche. 

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