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Investi au Venezuela, le président Maduro promet de suivre la voie de Chavez

 Le président du Venezuela, Nicolas  Maduro, a promis de suivre la voie de son mentor Hugo Chavez, lors de son  investiture vendredi, tout en tendant la main à l’opposition après la violente  crise qui a secoué ce riche pays pétrolier des Caraïbes après son élection.     Costume sombre et cravate rouge, l’héritier du champion de la gauche  latino-américaine emporté le 5 mars par un cancer, a prêté serment, visiblement  ému, sous un portrait du "Comandante", dont l’une des filles lui a remis  l’écharpe présidentielle, à l’Assemblée nationale à Caracas.    "Au nom du peuple vénézuélien, au nom de la mémoire éternelle du  +Comandante+ suprême, je jure de respecter la Constitution", a clamé M. Maduro,  50 ans, également ancien chef de la diplomatie, en présence d’une vingtaine de  dignitaires étrangers.    Accompagné par son épouse Cilia Flores, responsable du parti socialiste au  pouvoir, cet ancien chauffeur de bus et dirigeant syndical à l’épaisse carrure  s’est engagé à "construire une patrie indépendante et juste pour tous".    Vainqueur avec une courte avance de 1,8%, le nouveau président, qui avait  accusé l’opposition d’avoir tenté un "coup d’Etat", a toutefois appelé ses  adversaires au dialogue, après les manifestations qui ont fait huit morts et  plus d’une soixantaine de blessés, selon les autorités.    Des violences qui ont fait surgir le spectre de la violence dans ce pays à  l’insécurité explosive avec 16.000 homicides pour 29 millions d’habitants l’an  dernier.    "Je suis prêt à discuter, y compris avec le diable", a affirmé M. Maduro,  sans citer le nom de son adversaire, Henrique Capriles, jeune gouverneur de  l’Etat de Miranda (nord), qui refuse toujours d’admettre sa défaite.    Bref moment de panique durant son discours, un inconnu l’a bousculé pour  s’emparer du micro, sous le nez de ses gardes du corps. "La sécurité a  totalement failli, on aurait pu me tirer dessus", s’est offusqué M. Maduro,  après une interruption de la retransmission télévisée durant plusieurs secondes.    Revêtus de rouge, la couleur du "chavisme", des milliers de fidèles, venus  de tout le pays à bord de bus bondés, ont célébré l’investiture aux alentours  de l’imposant bâtiment où ont été montés une estrade et un écran géant.    "Chavez vit, la lutte continue ! ", a scandé la foule, certains s’étant  affublés d’une moustache postiche, en hommage au président, tandis que des feux  d’artifice ont retenti dans la capitale vénézuélienne, en réponse aux "concerts  de casserole" des opposants.    "Maduro, c’est la continuité du processus révolutionnaire au Venezuela et  dans le monde entier", a lancé à l’AFP Jose Rendo, un électricien de 38 ans,  originaire de l’Etat d’Anzoategui (est), fervent soutien des programmes sociaux  financés par la manne pétrolière.    Choisi comme dauphin peu avant sa mort par l’ancien homme fort du  Venezuela, M. Maduro a obtenu la reconnaissance de la quasi-totalité des pays  latino-américains.    De nombreux chef d’Etat ont fait le déplacement dont ceux du Brésil Dilma  Roussef, d’Argentine Cristina Kirchner, ainsi que les alliés traditionnels  comme les présidents cubain Raul Castro, bolivien Evo Morales ou iranien  Mahmoud Ahmadinejad.    Les Etats-Unis, qui ont suscité l’ire de Caracas pour avoir soutenu un  nouveau comptage des votes, tout comme l’Union européenne, n’ont pas dépêché de  représentant, même si le département d’Etat américain a a assuré ne pas vouloir  "fermer les portes".    Après la prestation de serment, un imposant défilé militaire était organisé  sur l’"avenue des Héros", l’un des principaux axes de la capitale, le même  parcours qu’avait suivi, il y a à peine plus d’un mois, le cercueil de Chavez.    Après plusieurs jours de vives tensions, le climat s’est nettement détendu  après que le Conseil national électoral (CNE) a accepté in extremis, jeudi  soir, de procéder à une vérification d’un échantillon pris sur l’ensemble des  urnes, comme le réclamait inlassablement le chef de l’opposition.     "Allons Venezuela, la lutte continue pour la vérité !", a lancé sur Twitter  M. Capriles, un avocat élégant de 40 ans, assurant que le nouvel audit va lui  permettre de démontrer les "irrégularités" qu’il dénonce depuis le soir du  scrutin de dimanche.    "La tension est retombée. L’opposition a gagné un premier round en obtenant  un audit qui n’était pas prévu grâce à la pression sur le gouvernement. Mais en  même temps le gouvernement a gagné une légitimité", analyse pour l’AFP le  politologue Luis Vicente Leon, directeur de l’institut Datanalisis.    "L’opposition va chercher une autre voie car ce sera très difficile de  contester la légitimité d’un président investi", estime encore M. Leon, tout en  soulignant que M. Maduro "n’a pas une grande marge de popularité" et n’a  "aucune garantie que la crise soit passée, notamment vu la situation  économique".    Outre une lourde succession, le nouveau président hérite d’un pays en  difficulté avec une dette égale à la moitié du PIB et une inflation supérieure  à 20%, la plus forte d’Amérique latine. 

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