Monde

Irak: plus de 140.000 personnes ont fui les combats d'Al-Anbar

Plus de 140.000 personnes ont fui les  combats entre les forces de sécurité et les insurgés dans la province  d’Al-Anbar, le plus important déplacement en Irak depuis les violences  confessionnelles il y a sept ans, a annoncé l’ONU vendredi.    Les affrontements ont encore fait trois morts ces dernières heures dans  cette province de l’ouest irakien, où soldats et policiers mènent depuis fin  décembre des opérations pour tenter de reprendre plusieurs zones aux insurgés  dont des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe  lié à Al-Qaïda.    "Depuis le début des combats à la fin de l’année dernière, plus de 140.000  ont fui leurs maisons selon les chiffres du ministère irakien des Emigrés et  des Déplacés", a dit Peter Kessler, le porte-parole de l’agence de l’ONU pour  les réfugiés (HCR).    "Il s’agit du plus grand déplacement en Irak depuis les violences  confessionnelles" de 2006-2007, a-t-il ajouté en soulignant que 65.000  personnes avaient fui en seulement une semaine.    Des centaines de milliers d’Irakiens avaient abandonné leurs foyers lors  des pires violences confessionnelles en 2006-2007 en Irak au moment où les  troupes américaines étaient toujours déployées dans le pays qu’elles avaient  envahi en 2003. Depuis un grande partie sont rentrés chez eux.    Selon M. Kessler, "de nombreux civils ne peuvent pas quitter ces zones de  conflit, où la nourriture et l’essence commencent à manquer".    Parmi les déplacés, des milliers ont fui vers Bagdad ou d’autres provinces  proches, mais certains sont allés jusqu’aux régions kurdes du nord du pays.    Le HCR a déploré la situation de ces Irakiens qui n’ont "ni argent ni  nourriture", manquent de vêtements d’hiver et dont les enfants "ne vont pas à  l’école".   Fin décembre, des quartiers entiers de Ramadi, chef-lieu de la province  d’al-Anbar, ainsi que la totalité de la ville voisine de Fallouja, ont été  conquis par les rebelles. Depuis, les troupes gouvernementales tentent de les  reprendre.     Vendredi, le bombardement des quartiers de Malaab et d’Aboul Faraj à  Ramadi, sous contrôle des insurgés, a tué deux personnes et blessé 30, selon  des source médicale et de sécurité.    A Fallouja, une personne est morte et sept autres ont été blessées dans de  lourds bombardements jeudi soir.    Les habitants de cette ville accusent l’armée d’être derrière ces  bombardements, mais des responsables ont affirmé que les militaires n’y étaient  pour rien.     Mercredi, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, a appelé  les habitants de la province à "prendre position" contre les insurgés,  martelant qu’il était "temps d’en finir avec cette question et de mettre fin à  la présence de gangs dans cette ville".    Le président américain Barack Obama, qui a reçu mercredi le chef du  Parlement irakien Oussama al-Noujaifi, a de son côté appelé Bagdad à "continuer  le dialogue pour que les revendications légitimes de toutes les communautés  puissent être prises en compte à travers le processus politique".    Diplomates et experts craignent que la violence ne connaisse pas de fin  tant que la communauté sunnite se sentira marginalisée. Or, les élections  législatives d’avril approchant, il est à craindre que chaque partie jour la  carte communautaire, n’apaisant pas les violences qui ont fait plus de 700  morts depuis début janvier.  

commentaires

commentaires

Voir plus

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *