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Jordanie: craintes d'une poussée islamiste en cas de chute du régime syrien

  La Jordanie redoute une montée en puissance  des islamistes en cas de chute du président Bachar al-Assad en Syrie, un pays  voisin avec lequel elle entretient des liens économiques stratégiques, estiment  des analystes.  "La Jordanie est entre le marteau et l’enclume", résume l’analyste  politique Mohammad Abou Roummane.   Amman "craint qu’une chute du régime Assad ne provoque le chaos en Syrie, affectant les relations stratégiques et économiques avec la Jordanie ainsi que  la sécurité dans le royaume et la région toute entière", souligne-t-il.  Plus de 65% des exportations de la Jordanie transitent par la Syrie.   Selon lui, "une possible montée des islamistes en Syrie, particulièrement  les Frères musulmans, pourrait pousser les islamistes de Jordanie à réclamer le  pouvoir". Les islamistes, qui représentant la principale force d’opposition en  Jordanie, conforteraient ainsi leur influence dans la région, ajoute-t-il.  En Egypte et en Tunisie, où des soulèvements populaires ont mis fin à des  décennies de dictatures dites "laïques", mais aussi au Maroc, les partis  islamistes sont apparus comme les grands vainqueurs des élections, récoltant  dans les urnes les fruits des révoltes du Printemps arabe. En Libye, ils sont  également sur le devant de la scène.  La Jordanie a accordé l’asile et la protection aux Frères musulmans de  Syrie en 1982 après le massacre de Hama en Syrie (centre) par l’armée syrienne  qui a fait entre 10.000 et 40.000 morts selon les sources.  "Si le régime syrien réussit à se maintenir au pouvoir, cela serait  également inquiétant pour la Jordanie, cible de critiques virulentes des médias  officiels syriens", relève M. Abou Roummane.   Le roi Abdallah II a été en novembre le premier dirigeant arabe à appeler  au départ du président Bachar al-Assad. L’ambassade de Jordanie à Damas avait  aussitôt été la cible d’une attaque de partisans du président syrien.    "Si les islamistes prennent le pouvoir en Syrie (…) la Jordanie devra  leur faire des concessions dans le royaume où ils mènent un mouvement de  contestation réclamant des réformes", explique pour sa part Hassan Abou Hanieh,  spécialiste des groupes islamistes. Ils réclament notamment des mesures fermes contre la corruption, alors que  la dette publique s’élève à 18 milliards de dollars, dépassant 65% du PIB. Elle  était de 7 milliards en 1999.   Pour l’instant, la Jordanie, qui accueille des milliers de réfugiés  syriens, "va devoir attendre de voir comment les choses évoluent en Syrie",  estime l’analyste Oreib Rintawi, qui dirige Al-Quds Centre for Political  Studies.    Face aux craintes d’une poussée islamiste en Syrie voisine, les puissants  Frères musulmans de Jordanie se veulent rassurants.   "Un régime islamiste ou tout autre changement en Syrie ne doit pas et ne  devrait pas être dangereux pour la Jordanie", a déclaré à l’AFP Hammam Saïd, le  chef des Frères Musulmans de Jordanie.    Même son de cloche chez Zaki Bani Rsheid, haut responsable du Front  d’action islamique (FAI) pour qui ces "craintes sont injustifiées": "Les  islamistes sont complètement conscients des défis et croient en un véritable  partenariat".   Pour le politologue Rintawi, les islamistes "savent très bien qu’ils ne  peuvent pas régner ou gouverner sans partenaires, ils en ont besoin".   Les islamistes ont prouvé "leur pragmatisme", souligne pour sa part M. Abou  Hanieh: "S’ils arrivent au pouvoir en Syrie, ils voudront une coalition. Ils  auront un rôle clé mais ils ne chercheront pas à exclure les autres".

 

 

    Algérie – ennaharonline

 

 

 

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