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Kadhafi, menacé de l'intérieur, face à la colère de l'étranger

  •    Plusieurs pays du monde arabe connaissaient une nouvelle "journée de la colère" pour réclamer des réformes et contre la corruption et le chômage, comme en Irak où sept manifestants ont été tués vendredi, en Tunisie, à Bahreïn et en Jordanie.
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  •    Le leader libyen est pris entre l’opposition qui affirme avoir libéré l’Est de la Libye et des combats violents à l’Ouest. Ces violences ont déjà fait plusieurs centaines de morts, de 300 à plus de mille, selon les sources.
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  •    A Genève, la Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a stigmatisé la brutalité "alarmante" contre la révolte populaire. Elle a fait état de "tueries de masse", évoquant "des milliers de tués et blessés", depuis onze jours.
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  •    Dans une intervention télévisée seulement sonore, le colonel Kadhafi a accusé jeudi ses opposants d’être téléguidés par la nébuleuse Al-Qaïda et d’être "drogués".
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  •    Le pouvoir chancelant a annoncé une aide de 400 dollars aux familles libyennes, ainsi que l’augmentation de 150% des salaires de certains fonctionnaires.
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  •    Le théâtre de la révolte s’étend de l’ouest de Tripoli à Benghazi (Est), principalement sur les côtes, la majeure partie de ce pays désertique étant épargnée par les combats.
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  •    A Tripoli que menaceraient les rebelles venus de l’Est, le "Guide" disposerait de 9.000 miliciens, de chars et d’avions, selon des habitants anti-Kadhafi à Al-Baïda (est). L’armée a été affectée par des mutineries, selon ces sources.
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  •    Dans la capitale, calme durant la nuit de jeudi à vendredi, les forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants dans plusieurs quartiers à la sortie de la prière du vendredi faisant des morts, ont indiqué des témoins joints par téléphone.
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  •    Des juges et avocats qui manifestaient à l’intérieur du Palais de justice,  ont réclamé "la fin immédiate de l’usage excessif de la force" contre les civils, leur protection par des forces "non-politisées" et une enquête judiciaire sur les violences, avait indiqué jeudi soir à l’AFP une source sûre depuis la capitale libyenne.
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  •    A Benghazi, épicentre de la contestation à 1.000 km à l’est de Tripoli, des journalistes de l’AFP ont vu un millier de manifestants rassemblés devant le tribunal. Certains soldats vendaient leurs armes au plus offrant malgré les appels des commandants militaires à s’organiser en force anti-Kadhafi.
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  •    A l’ouest de Tripoli, dans la ville de Zawiyah (à 60 km), des "terroristes" ont égorgé plusieurs soldats, selon l’agence officielle Jana.
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  •    Musratah (150 km à l’est de la capitale) est désertée par les loyalistes au régime, a rapporté un témoin.
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  •    A l’étranger, l’indignation et l’inquiétude s’amplifient contre le régime libyen lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates.
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  •    Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunit à 20H00 GMT à New York un projet de résolution prévoyant "un embargo total sur les armes", "des sanctions" et une "saisine de la CPI pour crime contre l’humanité".
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  •    L’Otan et l’UE se sont réunis d’urgence vendredi à Gödöllö, en Hongrie.
  •    L’UE va accélérer la mise au point des sanctions pour arrêter les violences, a déclaré sa chef de diplomatie Catherine Ashton.
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  •    Les Européens préparent des "plans d’urgence" pour contrôler l’espace aérien libyen mais ils ont "d’abord besoin d’une résolution du Conseil de sécurité" l’y autorisant, selon un diplomate à la réunion.
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  •    L’Alliance atlantique a offert de coordonner, en concertation avec l’UE, le "défi considérable" des opérations d’évacuation par air et mer des milliers d’étrangers coincés en Libye.
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  •    De nombreux pays, dont la Chine, les Etats-Unis et les Européens, mais aussi l’Indonésie et l’Inde, évacuaient massivement leurs ressortissants.
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  •    Mais des dizaines de milliers d’employés asiatiques, originaires de pays pauvres comme le Bangladesh ou les Philippines, restaient bloqués. 
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  •    Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a averti que la chaîne d’approvisionnement en nourriture en Libye qui "importe pratiquement tous ses vivres, était en danger de s’effondrer". 
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  •    La contestation continuait par ailleurs vendredi dans tout le monde arabe.
  •    En Irak, des manifestants en colère ont lancé des pierres à Bagdad, alors que des milliers d’autres personnes protestaient contre le gouvernement de Nouri al-Maliki dans le pays. Sept manifestant ont été tués à Mossoul (nord).
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  •    A Tunis, quelque 100.000 manifestants selon la police ont réclamé le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi. Selon des membres du Croissant-Rouge et des manifestants, "il s’agit de la plus grande manifestation depuis la chute de Ben Ali" le 14 janvier.
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  •    A Bahreïn, une grande manifestation a commencé à l’occasion d’une journée de deuil voulue par les religieux chiites à la mémoire de sept manifestants tués au début de la contestation de la dynastie sunnite de ce petit royaume du Golfe.
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  •    En Jordanie, des milliers de personnes ont manifesté à Amman pour "des réformes constitutionnelles", soit le plus grand rassemblement depuis le déclenchement de la contestation dans ce pays en janvier.
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  •    En Algérie, les autorités ont lâché du lest: elles ont levé jeudi l’état d’urgence décrété il y a 19 ans, pour lutter contre la guérilla islamiste.
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  • Ennaharonline

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