Monde

Kadhafi veut rester au pouvoir, manifestations dans la péninsule arabique

  •    La contestation prenait même de l’ampleur dans le petit royaume pétrolier de Bahreïn, où la Ve Flotte américaine a son quartier général, avec une manifestation massive dans la capitale Manama pour réclamer la chute du gouvernement, l’opposition exigeant une monarchie constitutionnelle.
  •  
  •    Plus au sud, au Yémen, des accrochages ont opposé des manifestants demandant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre, à des partisans du régime, faisant cinq blessés.
  •  
  •    En Algérie, le Conseil des ministres a annoncé la levée "imminente" de l’état d’urgence instauré en février 1992 pour lutter contre la guérilla islamiste.
  •  
  •    Mouammar Kadhafi a assuré dans une allocution télévisée qu’il resterait en Libye en tant que "chef de la révolution", promettant qu’il se "battrait jusqu’à la dernière goutte de (son) sang" et menaçant les manifestants armés de se voir infliger "la peine de mort".
  •  
  •    Drapé dans une tunique marron, il a appelé l’armée et la police à reprendre la situation en mains à la suite du soulèvement qui a fait, selon les ONG, des centaines de morts.
  •  
  •    C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à New York pour discuter de la situation en Libye, par ailleurs suspendue des réunions de la Ligue arabe.
  •  
  •    L’armée a bombardé des dépôts d’armes situés loin des zones urbaines, a déclaré lundi Seïf Al-Islam, un des fils du numéro un libyen, tandis qu’à New Delhi, l’ambassadeur démissionnaire de Libye expliquait que le régime avait commencé à "utiliser des avions pour bombarder des civils qui manifestaient pacifiquement".
  •  
  •    Les pilotes de chasse libyens ayant fait défection à bord de leurs Mirage F1 qui ont atterri lundi à Malte ont dit avoir refusé de tirer sur les manifestants à Benghazi, deuxième ville du pays et centre de la révolte depuis le 15 février.
  •  
  •    Des habitants de Fachloum et de Tajoura, quartiers de la banlieue de Tripoli, ont fait état lundi soir de véritables "massacres".
  •  
  •    Selon des témoignages recueillis au téléphone par l’AFP, les combats ont toutefois cessé mardi à Benghazi.
  •  
  •    La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a averti les autorités libyennes que "les attaques systématiques contre la population civile pourraient être assimilées à des crimes contre l’humanité".
  •  
  •    Le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG : Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) Abdel Rahman Attiya, a même appelé à "une action arabe, islamique et internationale pour soutenir le peuple libyen qui fait face à un véritable génocide".
  •  
  •    Dans l’est de la péninsule arabique, à Bahreïn, une vaste manifestation antigouvernementale s’est déroulée mardi à Manama, en dépit des tentatives de conciliation du régime.
  •  
  •    Une large avenue conduisant à la place de la Perle, centre de la contestation entamée le 14 février, s’est emplie de protestataires sur trois kilomètres, à l’appel de l’opposition dominée par les chiites.
  •  
  •    La foule, évaluée à plusieurs dizaines de milliers de personnes, a scandé des slogans en faveur de l’éviction des Al-Khalifa, dynastie sunnite au pouvoir depuis plus de 200 ans à Bahreïn, dont la population de plus d’un million d’habitants est majoritairement chiite.
  •  
  •    Son roi, Hamad ben Issa Al-Khalifa, était attendu vendredi en Arabie saoudite, le jour même du retour dans ce pays, après trois mois d’absence, du roi Abdallah. Depuis le début des troubles, Ryad a apporté un soutien sans faille à son voisin.
  •  
  •    Au Yémen, environ 4.000 manifestants, des étudiants pour la plupart, qui campaient sur une place de Sanaa, ont tenté de s’approcher d’une autre place où étaient rassemblés des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir).
  •  
  •    Ces derniers les ont alors attaqués à coups de matraque et de poignard, avant que la police n’intervienne pour disperser les deux parties. Bilan : cinq blessés.
  •  
  •    Au Kurdistan irakien, les manifestants dénonçant la corruption et le mode de gouvernance des deux grands partis se sont rassemblés pour la cinquième journée à Souleimaniyeh, la seconde ville de cette région autonome. Ils étaient près de 4.000 mardi.
  •  
  •    A 50 km de là, à Halabja, au moins 27 personnes, dont 26 policiers, ont été blessées dans des affrontements entre des manifestants et les forces de sécurité, d’après une source médicale.
  •  
  •    En Jordanie, une vingtaine de partisans du régime ont tenté de disperser près de 200 jeunes appartenant à des mouvements de gauche qui réclamaient des réformes devant le siège de la présidence du conseil à Amman, a affirmé un responsable du parti National Populaire.
  •  
  •    Lundi soir au Maroc, la police avait dispersé avec fermeté un petit groupe de manifestants qui voulait organiser un sit-in à Rabat. Une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées au lendemain de manifestations dans de nombreuses cités pour réclamer des réformes politiques.
  •  
  •    Conséquence de la situation, notamment en Libye – 4e producteur de pétrole en Afrique -, vers 17H00 GMT, le prix du baril de pétrole s’envolait à 91,85 dollars à New York. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord avait atteint 108,57 dollars, du jamais vu depuis septembre 2008.
  •  
  •    Les mouvements de contestation dans le monde arabe provoquent une "grande inquiétude" chez les dirigeants du Golfe, qui ont "en même temps le souci d’avancer de façon positive", a jugé le plus haut gradé de l’armée américaine, l’amiral Mike Mullen, principal conseiller militaire du président Barack Obama, à l’issue d’entretiens avec des responsables du Qatar et des Emirats.
  •  
  •    Les troubles dans plusieurs pays arabes risquent de se solder par l’arrivée au pouvoir de "fanatiques" et de provoquer la désintégration de certains de ces Etats "en petits morceaux", a, de son côté, mis en garde le président russe Dmitri Medvedev.
  •    
  • Ennaharonline

commentaires

commentaires

Voir plus

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *