Monde

Kerry tance l'Egypte pour un "procès politique" d'employés d'ONG

       Le secrétaire d’Etat américain John  Kerry a accusé mardi l’Egypte d’avoir organisé un "procès politique" après que  la justice au Caire eut condamné à des peines de prison 43 employés égyptiens  et étrangers, dont 16 Américain, d’organisations non ouvernementales.    La réaction de M. Kerry s’ajoute à une série de condamnations exprimées ces  dernières semaines par Washington face à la "trajectoire" prise par l’Egypte du  président islamiste Mohamed Morsi en matière de libertés politiques et de  réformes économiques.    "Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les verdicts et peines  prononcés aujourd’hui — y compris celles assorties de sursis — par une cour  égyptienne à l’encontre de 43 représentants d’ONG, lors d’un procès aux  motivations politiques", a dénoncé M. Kerry dans un communiqué.    Le patron de la diplomatie américaine a qualifié cette décision de justice  de "contraire au principe universel d’association et incompatible avec une  transition démocratique".    "J’exhorte le gouvernement égyptien à travailler avec les groupes de la  société civile qui répondent aux aspirations démocratiques du peuple égyptien",  a encore lancé M. Kerry.    Un tribunal du Caire a condamné mardi à des peines de prison 43 employés  égyptiens et étrangers d’ONG, pour avoir travaillé dans l’illégalité et reçu  des financements illicites.    Ce jugement, dans une affaire qui remonte à juillet 2011, avait déjà  provoqué l’an dernier de fortes tensions avec Washington.    Sur les 43 personnes condamnées, 27 — essentiellement des étrangers, dont  15 Américains — avaient pu quitter le pays et ont écopé de cinq ans de prison  par contumace.    Parmi les 16 autres, principalement des Egyptiens, cinq — dont un  Américain — ont été condamnés à deux ans de prison ferme et 11 autres à un an  avec sursis. Les condamnés ont fait savoir qu’ils allaient faire appel.    La porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki a rappelé que les  Etats-Unis avaient un "intérêt stratégique" avec Le Caire, mais a répété que le  pays devait "faire mieux en termes de transition démocratique".    MM. Kerry et Morsi se sont entretenus il y a dix jours au sommet de l’Union  africaine en Ethiopie.    Les Etats-Unis ont plusieurs fois exprimé ces dernières semaines leurs  inquiétudes sur la répression de la liberté d’expression en Egypte, en  particulier contre des militants politiques et des journalistes, à l’approche  du premier anniversaire de l’élection du président Morsi.    Allié pendant 30 ans au régime de Hosni Moubarak, Washington marche sur des  oeufs avec "la nouvelle Egypte". Pour les Américains, le dilemme est de  soutenir les aspirations démocratiques des Egyptiens sans fâcher l’un de ses  principaux alliés régionaux, lié à Israël par un traité de paix.    En mars M. Kerry avait apporté à M. Morsi 250 millions de dollars  d’assistance, mais conditionné une poursuite de l’aide à des réformes  politiques et économiques. 

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close