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Kirghizstan: des milliers de réfugiés fuient, accusent les forces

  •    L’Ouzbékistan a annoncé lundi qu’il fermait sa frontière, ses capacités d’accueil étant saturées, et a demandé une aide internationale pour les dizaines de milliers de réfugiés qu’il a reçus depuis le début de la crise. 
  •    Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont "condamné" lundi "les actes répétés de violence" dans la république d’Asie centrale et lancé un appel au "calme, à un retour à l’état de droit ainsi qu’à une résolution pacifique des différends", selon l’ambassadeur du Mexique Claude Heller, qui préside en juin le Conseil. 
  •    Les membres du Conseil ont aussi souligné la nécessité de "soutenir de manière urgente la distribution d’aide humanitaire".  
  •    Le Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a exhorté l’Ouzbékistan et aussi le Tadjikistan à "laisser (leurs) frontières ouvertes" pour permettre aux réfugiés d’entrer. Elle a déclaré que les violences au Kirghizstan semblaient "orchestrées, ciblées et planifiées". 
  •    En quatre jours, les violences qui ont entraîné cet exode ont fait au moins 138 morts et 1.761 blessés, selon le ministère kirghiz de la Santé. 
  •    A Och, deuxième ville du Kirghizstan, des coups de feu sporadiques claquaient lundi dans les rues où des corps calcinés et des maisons incendiées témoignaient de la violence des combats, a rapporté un journaliste de l’AFP. 
  •    A Djalal-Abad, autre ville proche de la frontière ouzbèke, la situation restait aussi tendue et, comme à Och, des incendies faisaient rage, selon l’agence de presse kirghize AKIpress. 
  •    Etat pauvre d’Asie centrale, le Kirghizstan a une grande importance stratégique, accueillant à la fois une base militaire russe et une base militaire américaine cruciale pour le déploiement de troupes en Afghanistan. 
  •    Les violences ont éclaté dans la nuit du 10 au 11 juin à Och entre des Kirghiz et des membres de la minorité ouzbèke. 
  •    Le gouvernement a admis qu’il peinait à contrôler la situation malgré la mobilisation de l’armée, l’instauration d’un couvre-feu et l’ordre donné aux forces régulières de tirer sans sommation. 
  •    Mais parmi les réfugiés arrivés en Ouzbékistan, beaucoup racontaient que des bandes armées de Kirghiz soutenues par des hommes en uniforme des forces régulières avaient massacré les Ouzbeks. 
  •    "Sur la route vers la frontière, il y avait partout des corps de femmes brûlées et des transports de troupes blindés tiraient sur nous", a raconté à l’AFP Marhabo, une vieille femme. 
  •    Récit semblable d’un habitant d’Och. "D’abord les blindés sont venus, derrière eux des gens sans uniformes sont arrivés. Ils ont libéré la voie pour eux, et ils nous ont attaqués, ils tiraient sur nous dans la rue", témoigne Dildor Djoumabaïev, 38 ans. 
  •    Un officier d’une unité de blindés kirghize, Bakhtior Charipov, lui-même un Ouzbek, a témoigné dans le même sens. "Le ministère kirghiz de la Défense nous a ordonné de ne pas tirer sur des civils. Mais à Och, les militaires et la police ont ignoré ces ordres et aidaient les bandits à tirer sur les civils", a-t-il déclaré. 
  •    Selon le ministère ouzbek des Situations d’urgence, 60.000 réfugiés ont déjà été enregistrés dans la région d’Andijan, dans l’est de l’Ouzbékistan, chiffre qui ne prend pas en compte des milliers d’enfants. 
  •    Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a estimé pour sa part que quelque 80.000 personnes s’étaient réfugiées en Ouzbékistan. 
  •    La communauté internationale commence à se mobiliser pour tenter de ramener la paix et livrer de l’aide humanitaire. 
  •    A Moscou, l’ODKB, une alliance militaire dirigée par la Russie et groupant d’anciennes républiques soviétiques, dont le Kirghizstan, n’a "pas exclu" une intervention militaire pour mettre fin aux violences. 
  •    La réunion d’urgence de l’ODKB (Organisation du traité de sécurité collective) avait été convoquée par le président russe Dmitri Medvedev, qui a qualifié d’"intolérable" la situation au Kirghizstan. 
  •    Les Etats-Unis sont "en contact étroit" avec le Kirghizstan, l’ONU, l’OSCE et la Russie, et ils cherchent "une réponse internationale coordonnée", a déclaré le département d’Etat américain. 
  •    L’Union européenne a fait savoir qu’elle était prête à répondre aux besoins humanitaires "les plus urgents". 
  •    Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu’il envoyait "une aide et une équipe d’urgence" en Ouzbékistan. 
  •    En avril, un soulèvement qui avait fait 87 morts avait chassé le président Kourmanbek Bakiev, portant au pouvoir l’actuel gouvernement provisoire. 
  •    Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20% de la population) et les Kirghiz sont tendues, notamment en raison de disparités économiques. De puissants groupes mafieux sont également actifs dans cette région. 
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  • Ennaharonline
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