Economie

La chute des cours du pétrole va exacerber les tensions géopolitiques en 2015

Déjà en forte baisse depuis l’été, les prix du baril ont souffert de la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), en novembre, de conserver son plafond de production à 30 millions de barils par jour (mbj): ils ont chuté à leur plus bas niveau depuis 2009, autour de 60 dollars.

En adoptant le statu quo, le cartel a voulu envoyer un message: il ne supportera plus seul le fardeau d’une réduction de la production pour soutenir les prix de l’or noir, déprimés par une offre beaucoup plus abondante que la demande.

Révolution du pétrole de schiste aux États-Unis où la production explose, retour sur le marché de plusieurs pays producteurs comme la Libye, consommation mitigée sur fond de croissance économique moins dynamique en Chine voire absente en Europe… Les facteurs se sont conjugués pour faire baisser les cours. 

En 2015, le prix du brut devrait rester faible à cause d’une offre mondiale toujours surabondante, ce qui pourrait nourrir les disputes entre les pays producteurs, à commencer au sein de l’Opep.

Le Venezuela milite par exemple pour que le cartel diminue sa production, tandis que l’Arabie saoudite s’y oppose, lasse de devoir supporter en grande partie les promesses de réduction de l’organisation. 

La faiblesse des cours devrait en outre aiguiser les tensions à l’intérieur des pays dépendants des revenus pétroliers, comme l’Irak où la coalition gouvernementale qui tente de stopper l’organisation État islamique pourrait souffrir d’une économie dégradée, estime Richard Mallinson, expert géopolitique chez Energy Aspects.

L’éventuelle remontée en puissance de l’Iran risque par ailleurs de complexifier l’échiquier. "L’Iran gagne de l’influence en Irak et ensemble ces deux pays pourraient concurrencer la production de l’Arabie saoudite dans les prochaines années", note l’expert Olivier Jakob, de Petromatrix.

Cela reste toutefois encore hypothétique car le Congrès américain pourrait accentuer encore les sanctions internationales qui pèsent sur Téhéran et l’ont contraint à exporter deux fois moins de barils. 

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