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La France et la Tunisie de Ben Ali: soutiens, silence ou "complaisance"

  •    Malgré l’aggravation du bilan des émeutes sociales qui ébranlent la Tunisie, le gouvernement français maintenait mardi sa ligne de modération, parfois assortie d’une appréciation positive sur les 23 ans de pouvoir du président tunisien.
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  •    "Le président Ben Ali est quelqu’un qui est souvent mal jugé" car "il a fait beaucoup de choses" pour son pays, a ainsi affirmé le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire sur la chaîne Canal plus.
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  •    Parmi les points fort du bilan, les responsables politiques français, toutes tendances confondues, rangent souvent le développement économique de la Tunisie et sa lutte contre l’islamisme.
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  •    "Ce sont des données importantes", confirme à l’AFP Axel Poniatowski, député du parti présidentiel UMP et président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
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  •    "La situation est préoccupante et il faut être très mesurés dans nos propos", a-t-il précisé, mettant en garde contre la tentation de se poser en "donneurs de leçons".
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  •    "La proximité, l’Histoire, le passé, le fait qu’il y ait en France une diaspora (tunisienne) importante et bienvenue, tout cela doit contribuer au fait que la France ne doit pas exacerber la situation", a-t-il poursuivi.
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  •    Comme pour l’Algérie ou le Maroc, la France, ancienne puissance coloniale, est traditionnellement très prudente dans ses prises de position sur la Tunisie. Elle s’est limitée lundi et mardi à "déplorer les violences" qui ont fait, selon les ONG, plus de 35 morts depuis ce week-end dans le centre du pays.
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  •    En général, la classe politique française donne crédit au président Ben Ali d’avoir poursuivi des politiques de son prédécesseur Habib Bourguiba favorables à l’émancipation des femmes, à l’éducation et à la francophonie, tandis que les organisations de droits de l’Homme critiquent le caractère policier du régime, les restrictions de libertés et la mainmise d’une famille sur le pays.
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  •    Même si la plupart des ténors de l’opposition de gauche se gardent bien de sortir du rang, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette bienveillance française.
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  •    "Je crois que le silence, ou tout du moins la complaisance vis-à-vis du régime de Ben Ali est un problème", a déclaré mardi sur la radio Europe 1 Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts/Génération Ecologie (opposition).
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  •    Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH), "le silence complice des autorités politiques françaises actuelles n’est en rien représentatif de l’indignation qui s’étend dans la société française".
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  •    Fait significatif, ce "silence" a été rompu par le président du groupe d’amitié France-Tunisie au Sénat, le socialiste Jean-Pierre Sueur, qui a dénoncé dans un communiqué "la répression violente" contre les manifestants.
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  •    "Il y a un moment où l’amitié doit se traduire par un langage de vérité", a-t-il expliqué à l’AFP, estimant en particulier que la lutte contre une éventuelle menace islamiste ne peut justifier des violations des libertés. "Ce n’est pas un argument pertinent", dit-il.
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  •    Pour certains responsables politiques, des liens personnels existent aussi, fruits du passé colonial de la France en Tunisie, indépendante depuis 1956.
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  •    Ainsi, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, né à Tunis et propriétaire d’une maison dans la ville de Bizerte (nord), a-t-il fait savoir qu’il était "soucieux" de la situation en Tunisie.
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  •    Avant lui, l’ancien ministre de droite et président de l’Assemblée nationale Philippe Séguin, décédé il y a un an, entretenait une relation très forte avec la Tunisie, son pays natal.
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  • Ennaharonline

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