Economie

La Grèce appelée à voter la rigueur sous peine de chaos

 

Le gouvernement grec va devoir surmonter  aujourd’hui la fronde sociale et politique pour faire adopter par le parlement le  nouveau programme d’austérité exigé par l’UE et le FMI, contre lequel les  syndicats et la gauche ont appelé à manifester dans le centre d’Athènes avant  le vote dans la nuit.  Dans un solennel message télévisé à la nation, le Premier ministre Lucas  Papademos a averti que le pays, au bord de la faillite, jouera sur ce vote sa  survie financière et son maintien dans l’euro, pour éviter le "chaos".    Le parlement, où l’exécutif de coalition socialiste-conservateur dispose en  principe d’une confortable majorité de 236 voix sur 300, devra assumer une "responsabilité historique" en avalisant des "sacrifices douloureux", a-t-il  lancé, résumant le dilemme posé aux Grecs par leurs bailleurs de fonds.     Sans cet aval, la Grèce n’a aucune chance de recevoir le moindre centime  d’aide pour éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars lorsqu’elle devra  rembourser une échéance de 14,5 milliards d’euros. Avant l’ouverture des débats, prévue à 12H00 GMT, les dirigeants  socialiste, Georges Papandréou, et conservateur, Antonis Samaras, ont également  prévenu leurs députés que tout écart vaudrait exclusion, lors de réunions  samedi de leurs groupes parlementaires.  Au vu de la sévérité de la cure prescrite qui, entre autres, ouvre la voie  à une chute brutale des salaires dans le privé censée redonner de la  compétitivité au pays, les dissidents déclarés ou présumés atteignaient  toutefois une dizaine dans chacun des partis gouvernementaux, selon le décompte  des médias dimanche.  Pas de quoi augurer d’un rejet, mais assez pour justifier l’appel à ne pas  jouer avec le feu lancé dans un entretien au quotidien Kathimérini par le représentant des créanciers privés, Charles Dallara.  Les députés grecs "doivent comprendre ce qui est en jeu et reconnaître  qu’au delà de la rigueur (…) il y a des profits nombreux et tangibles"  à  attendre de l’adoption du projet de loi, qui doit débloquer à la fois le  renflouement du pays par des prêts publics de 130 milliards et son  désendettement via l’effacement de 100 milliards de créances détenues par  banques et fonds, a-t-il affirmé.     La Grèce "à l’heure du jugement", faisait écho le titre du libéral  Kathimérini, tandis que To Vima (centre-gauche) estimait que le pays était  secoué par un "séisme" mettant "politique, économie et société en morceaux".     A l’extérieur du parlement, syndicats et gauche communiste et radicale sont  de fait résolus à faire tonner le "non" de la rue, les premiers dénonçant un  plan "tombeau de la société", les seconds réclamant des élections immédiates et  jugeant que le pays n’a rien à perdre à mettre ses créanciers au défi de le  lâcher.    Quelque 6.000 policiers ont été mis en état d’alerte, et la moitié seront  déployés à Athènes pour sécuriser les rassemblements, à partir de 15H00 GMT,  que les organisateurs voudraient orchestrer en un encerclement du parlement. Entravée par le débrayage des transports, la mobilisation lors des manifestations, qui ont rassemblé jusqu’à 20.000 personnes en marge de grèves  générales mardi puis vendredi et samedi, était en retrait sur celle des grands  sursauts de contestation qui avaient massé de 50.000 à 100.000 personnes sur la  place Syntagma, en juin et octobre.    Les députés devront se prononcer pour un texte qui prévoit notamment une  baisse de 22% du salaire minimum, ramené à 586 euros brut sur 14 mois, la  suppression dans l’année de 15.000 emplois publics et de nouvelles coupes dans  certaines retraites. Le vote portera aussi sur les modalités du programme d’échange  d’obligations avec les créanciers privés pour réduire la dette souveraine à  120% du PIB d’ici 2020, ainsi que sur le schéma de recapitalisation des banques  grecques.    L’accord gouvernemental sur cette cure dont s’était prévalu jeudi M.  Papademos s’est vite fissuré, avec la démission dès le lendemain de six membres  du cabinet; deux socialistes et quatre cadres de la formation d’extrême droite  Laos, qui avait rallié en novembre l’exécutif de coalition.   Le Laos a décidé samedi d’appeler ses 16 députés à voter non, accusés par ses ex-partenaires de vouloir ainsi tirer son épingle du jeu en vue des  élections législatives anticipées prévues au printemps.

 

 

 

Algérie- ennaharonline

 

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