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La jeunesse dans les pays arabes méditerranéens, un atout à mieux exploiter

  •    Les chiffres sont alarmants: "un tiers de la population est composé de jeunes et 25% d’entre eux n’ont pas de travail", selon Gloria La Cava, coordinatrice pour la jeunesse dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord au sein de la Banque mondiale.
  •    C’est sous l’égide de cette institution et du tout nouveau Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMIM) qu’étaient réunis pour la première fois dans la cité phocéenne de mercredi à vendredi les représentants de près d’une quinzaine de pays arabes.
  •    Objectif: "rompre l’isolement" et "partager les connaissances" entre acteurs de divers horizons, public, privé ou associatif, pour relever le défi qui consistera à créer 100 millions d’emplois d’ici 2020 sur fond de boom démographique.
  •    En cas d’échec, le danger est de "créer des générations de citoyens oisifs", tentés par l’extrémisme et l’islamisme, ont mis en garde les intervenants.
  •    Hania Bitar, directrice d’une organisation pour la jeunesse palestinienne, n’a pas hésité à parler de "bombe à retardement" dans les camps de réfugiés où "les petites filles ne peuvent rêver guère mieux que de se marier et les garçons de gagner un maigre salaire".
  •    Pour Mats Karlsson, directeur du CMIM, l’enjeu est "de transformer cet énorme risque en opportunité".
  •    "La jeunesse est une chance et une richesse à condition qu’on lui donne l’opportunité de se former", a résumé Catherine Chantelot, adjointe au maire de Marseille.
  •    C’est précisément là que le bât blesse car jusqu’ici gouvernements et ONG ont eu tendance à axer leurs programmes sur les jeunes gens éduqués, alors que ce sont les populations au niveau scolaire très faible qui rencontrent le plus de difficultés à trouver un travail.
  •    Dans la région, nombreux sont ceux qui abandonnent l’école au primaire, la plupart pour des raisons de pauvreté, mais les filles et les habitants de zones rurale ou de conflit violent sont aussi affectés, note la Banque mondiale.
  •    Or pour un tiers des entreprises, le manque de main d’oeuvre qualifiée est considérée comme un frein majeur à la croissance.
  •    Parmi les pistes étudiées pour réinsérer ces jeunes sans diplôme dans le circuit professionnel, l’école de la deuxième chance de Marseille, où se déroulait le colloque, a suscité un vif intérêt.
  •    Cet établissement, le premier à ouvrir ses portes en Europe en avril 1998, vise à donner à des jeunes sortis sans formation du système classique un métier ou la possibilité de reprendre des études. L’expérience a commencé à être transposée au Maroc.
  •    Pour promouvoir le savoir, l’Union pour la Méditerranée (UPM), forum lancé en 2008, a également annoncé la création d’ici 2011 d’un Office méditerranéen de la jeunesse pour faciliter les échanges entre étudiants, du Sud vers le Nord mais aussi entre pays du Sud, via notamment des bourses d’études.
  •    La conférence a par ailleurs insisté sur la nécessité de faire participer la jeunesse à la vie publique, dont elle est trop souvent exclue.
  •    Salim El Sayegh, ministre libanais des Affaires sociales, y voit la clé pour retenir et motiver les jeunes, estimant que "ce qui les pousse à partir et à se marginaliser, ce ne sont pas seulement des facteurs économiques et matériels, mais le manque de confiance dans leur pays d’origine".
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  • Ennaharonline/ AFP
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