Economie

La perte des milliards du pétrole fait tituber l'économie soudanaise

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 L’économie soudanaise a vu s’envoler des  milliards de dollars avec la partition du pays l’année dernière, et Khartoum  peine désormais à lutter contre une inflation en flèche et une monnaie en berne.    "La situation empire de plus en plus", l’économie est en crise et "la vie  est devenue très difficile", estime Mohamed Eljack Ahmed, un économiste de  l’Université de Khartoum.    Le Soudan a commencé à exporter son pétrole à la fin des années 1990, ce  qui lui a rapporté croissance et investissements. Mais le robinet a été coupé  en juillet avec l’indépendance du Soudan du Sud, qui dispose de la majeure  partie des réserves.    Au cours des six mois qui ont précédé la partition, Khartoum a tiré 7,5  milliards de dollars de ses exportations pétrolières, mais 85% de ces recettes  venaient du pétrole du Sud, selon la Banque mondiale. Et cette manne  représentait plus du tiers des recettes de l’Etat.    "Ils ont perdu ce revenu. Ils l’ont perdu pour de bon", tranche un  économiste international sous couvert d’anonymat.    Le Soudan du Sud est tributaire des infrastructures du Soudan pour exporter  son pétrole, mais les deux pays ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les  frais de transit.    L’absence des pétro-dollars a provoqué une grave pénurie de devises. Dès  lors, les prix des importations flambent, rendant inabordables des produits  essentiels comme les médicaments, explique M. Ahmed.    Selon les médias officiels, l’inflation était de 19% en janvier, et selon  les économistes, cela devrait encore empirer.    Le gouvernement maintient un taux de change fixe de 2,7 livres pour un  dollar, mais au marché noir, le dollar atteignait 4 livres fin 2011, et  s’approche maintenant des 5 livres.    "En ce moment, nous achetons tous des dollars" dans l’espoir de bénéfices à  venir si la livre poursuit sa chute, explique un cambiste clandestin dans le  centre de Khartoum.    Mais "il y a une pénurie de dollars sur le marché", explique un autre  cambiste, qui compte parmi ses clients des importateurs en manque de  liquidités. Le gouvernement rationnant les devises, même les hommes d’affaires  bien établis peinent à obtenir des dollars par les voies officielles.    Pour y remédier, Khartoum espère doubler la production de ses puits de  pétrole et tirer 2,5 milliards de dollars cette année de ses exportations d’or,  tout en augmentant ses ventes notamment de coton et de sucre.    Mais pour les économistes, ce plan est irréalisable dans l’immédiat.    Si l’agriculture a longtemps été le pilier de l’économie soudanaise, ses  infrastructures sont désormais à l’abandon. Et les réserves de pétrole se  trouvent essentiellement dans les régions frontalières du Sud, où des combats  opposent depuis l’été l’armée à des mouvements rebelles.    Parallèlement, le déficit budgétaire s’aggrave et la dette déjà lourde (38  milliards de dollars) associée aux sanctions économiques américaines liées au  conflit au Darfour limite l’accès aux financements étrangers, selon  l’économiste international qui prévoit un recul du PIB de 4,5% en 2012.    En juin 2011, Khartoum a annoncé un plan de réduction des déficits qui n’a  pas convaincu les économistes.    Le déploiement de l’armée dans les Etats du sud et au Darfour (ouest) rend  en effet toute réduction des dépenses difficiles. Et le gouvernement ne peut  revenir sur les exemptions d’impôt stratégiques accordées à "certaines  personnes, familles et organisations", explique M. Ahmed.    La crise pourrait avoir des répercussions sociales et politiques, dans un  pays où l’ONU estimait le taux de pauvreté à 46,5% en 2010. A mesure que cette  pauvreté s’accroît, la colère gronde.    A Khartoum, les projets de construction fleurissent, les entreprises  travaillent et les habitants ne sont pas miséreux, note l’économiste  international. Mais selon lui, cela ne peut pas durer.   
 
 
 
 
 Algérie- ennaharonline

 
 
 
 
 
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bilel messoudi

Journaliste-Rédacteur du site web ALG24 depuis décembre 2014
Dans la presse électronique depuis avril 2009. Spécialisé dans l’information de sports .
adresse: cité 722 logement sidi yaya – hidra alger
bilel-messoudi@ennaharonline.com

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