En direct

La réconciliation nationale au coeur de la présidentielle

  •    Quelque 150.000 personnes ont péri dans les années 1990 durant la « décennie noire », selon des chiffres officiels, et des milliers sont toujours portées disparues.
  •    Le président sortant Abdelaziz Bouteflika, grand favori du scrutin, a réaffirmé son engagement à poursuivre la promotion de cette réconciliation qu’il a initiée en 1999 en organisant un premier référendum sur la Concorde civile qui a entraîné la reddition de milliers d’islamistes.
  •    Un second referendum a permis l’adoption en 2005 d’une Charte pour la paix et la réconciliation offrant le pardon aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition, devenus ainsi des repentis.
  •    Il ne s’agissait pas d’effacer d’un revers de main les responsabilités de la tragédie nationale mais de dépasser une situation qui menaçait de faire imploser toute la nation, selon M. Bouteflika.
  •    A Tlemcem, son fief de l’ouest algérien, il a cependant posé des limites, dénonçant ceux qui ont détruit le pays et qui ne se gênent pas (…) pour demander qu’ils soient indemnisés maintenant que la situation se normalise.
  •    Je ne peux imposer au peuple d’accepter votre retour dans la société car le peuple est le seul à pouvoir vous accorder une plus grande réhabilitation, a-t-il dit à s’adressant aux repentis, dont beaucoup sont privés de leurs droits civiques.
  •    Issu de la mouvance islamiste, le candidat Mohamed Saïd (Parti de la justice et liberté, PJL) est lui aussi partisan de la réconciliation nationale: c’est un acquis stratégique que nous devons tous préserver, a-t-il dit à Jijel (360 Km à l’est d’Alger) en appelant ceux qui sont toujours dans les maquis à déposer les armes.
  •    Si la situation sécuritaire s’est sensiblement améliorée, Al-Qaïda au Maghreb islamique reste active particulièrement à l’est d’Alger mais aussi dans certaines régions de la Mitidja (sud de la capitale), où 16 islamistes armés ont été tués en février.
  •    Mais, pour Djahid Younsi, candidat islamiste prônant un Etat démocratique (…) dans le cadre des principes de l’islam, il faut aller plus loin et finaliser le dossier de la réconciliation, quitte à aller vers une amnistie générale.
  •    Si celle-ci met un terme à l’effusion de sang, estime le candidat du mouvement  El-Islah (réforme), nous le ferons sans hésitation aucune.
  •    Les droits de chacun doivent être rétablis, a-t-il dit, en affirmant la nécessité d’indemniser toutes les personnes durement touchées par la tragédie nationale.
  •    Mais il ne peut y avoir de discrimination entre les victimes, a-t-il ajouté, évoquant ainsi les familles des disparus, ces personnes soupçonnées d’affinités avec des groupes armés islamistes, arrêtées entre 1992 et 1998, et dont les familles sont sans nouvelles.
  •    L’Etat a reconnu en 2005 que des agents de l’Etat étaient responsables de la disparition de 6.146 personnes.
  •    Mais la Charte de 2005 a clos ce dossier, affirmant que le peuple algérien souverain rejette toute allégation visant à faire endosser par l’Etat la responsabilité d’un phénomène délibéré de disparition.
  •    Candidate du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), Louisa Hanoune estime quant à elle que le pays n’est pas encore sorti complètement de la crise, car le pacte pour la réconciliation est loin de satisfaire les doléances des victimes de la tragédie nationale.
  •    
  • Ennaharonline/ AFP

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close