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La relance économique risque de coûter très cher à certains pays

  •    Les besoins de financement envisagés sont énormes et sans précédent. Les Etats-Unis pourraient devoir lever sur les marchés 2.000 milliards de dollars pour financer leur déficit et leur dette, l’Europe la moitié, et les besoins de l’Asie restent encore à chiffrer.
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  •    Pour ce faire, les Etats vont devoir émettre de la dette à long-terme que les investisseurs seront appelés à souscrire. Le moyen de les convaincre sera le taux d’intérêt servi par cette dette et qui sera fonction des risques qu’elle comportera.
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  •    "Tout devient une question de prix", souligne Luca Cazzulani, stratège pour le marché obligataire chez UniCredit.
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  •    Plus ces taux d’intérêt seront élevés, plus le service de la dette coûtera cher aux finances publiques et plus les taux sur l’ensemble du marché obligataire, public et privé, augmenteront ce qui pourra défavoriser des entreprises déjà affaiblies par la crise.
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  •    Déjà, des différences notables apparaissent entre les Etats jugés les plus solides et solvables par les investisseurs et les autres. Le taux de rendement sur les obligations américaines à dix ans était mercredi de 2,31%, celui sur le bund allemand sur la même période de 3,01%. Pour la Grande-Bretagne, il s’établissait à 3,21%, pour la France, à 3,50% mais grimpait à 3,99% pour l’Espagne, 4,44% pour l’Italie, 5,37% pour la Grèce, 6,49% pour le Brésil, 7,83% pour l’Afrique du sud.
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  •    "On savait qu’avec les plans de relance et les dérives budgétaires, l’appel au marché serait plus important" mais des pays souffrent plus que les autres en raison de la dégradation de la perception de leur qualité de crédit", souligne Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.
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  •    "Au fur et à mesure que les déficits se creusent, le marché obligataire va devenir de plus en plus regardant", avertit de son côté Jan Randolf, responsable pour les risques liés à la dette souveraine (celle des Etats) chez IHS Global Insight.
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  •    Face à la déroute subie sur les marchés boursiers ces derniers mois, "la règle est pour le moment de chercher la plus grande protection" ce qui s’accompagne "d’un mouvement de refuge grégaire" vers les obligations d’Etat souligne-t-il.
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  •    "La question est de savoir combien de temps cela va durer", s’interroge toutefois Jan Randolf, indiquant que certains mettent déjà en garde contre le risque d’une nouvelle bulle financière "qui serait cette fois provoquée par la peur plus que par l’appât du gain.
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  •    Pour l’instant, les gouvernements n’ont pas trop à se soucier de trouver des acheteurs. Mais lorsque les marchés seront saturés, ceux-ci se concentreront sur les émissions jugées les plus sûres et les autres pays devront offrir des taux d’intérêt plus élevés pour les séduire.
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  •    "Les gouvernements en Europe trouveront des acheteurs pour leur dette", tempère toutefois John Higgins, stratège chez Capital Economics. "Mais cela sera une question du prix" qu’ils voudront offrir, souligne Ralf Pruesser de Deutsche Bank.
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  •    La période de faible inflation et d’incertitude économique qui s’annonce favorise le marché obligataire qui garantit des rendements sûrs et étalés dans le temps par rapport à la Bourse ou à d’autres formes de placements comme les obligations des entreprises.
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  •    Mais les investisseurs restent très nerveux. Il a suffi d’une mise en garde de l’agence de notation Standard and Poor’s sur la qualité de la note des Etats jugés les plus fragiles comme la Grèce, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal pour provoquer une brusque accentuation des écarts de taux entre leurs obligations souveraines et celles de l’Allemagne.
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  • Ennaharonline/ AFP

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