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La Tunisie accueille la remise du prix Guillermo-Cano en hommage à sa révolution

   

 La Tunisie a accueilli jeudi la remise du  prestigieux prix Guillermo-Cano de l’Unesco au journaliste azerbaïdjanais  Eynulla Fatullayev, en hommage à sa révolution qui a chassé Ben Ali, un ennemi  de la liberté de la presse, et déclenché le "printemps arabe".    Hasard du calendrier, la cérémonie de remise du prestigieux prix décerné à  l’occasion de la Journée mondiale pour la liberté de la presse coïncidait avec  le jugement du patron de la chaîne Nessma, condamné jeudi au versement d’une  amende pour la diffusion du film Persepolis jugé blasphématoire.    L’affaire a mis en lumière l’enjeu de la liberté de la presse dans la  nouvelle Tunisie et les tensions apparues dans les relations entre le  gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda et les médias.    Eynulla Fatullayev –journaliste engagé résolument dans la défense de la  liberté de la presse et de la liberté d’expression– a exprimé sa joie de  recevoir son prix en Tunisie, "le pays central du changement démocratique".    "C’est aussi symbolique pour moi d’être dans ce palais où était établi il y  a peu un pouvoir despotique et où nous nous trouvons aujourd’hui en présence  d’un président très démocratique", a ajouté le lauréat en parlant de Moncef  Marzouki, ex-opposant au président déchu Ben Ali et défenseur des libertés et  des droits de l’Homme.La secrétaire d’Etat américaine adjointe Esther Brimmer a affirmé que son  pays était "préoccupé par l’état de la liberté d’expression dans la nouvelle  Tunisie".   "Notre ambition est de voir les médias exercer un vrai pouvoir pour  éclairer les autres pouvoirs", a déclaré M. Marzouki, disant préférer "le chaos  de la liberté aux méfaits de l’oppression".    Homme de gauche allié aux islamistes, M. Marzouki est le personnage le plus  caricaturé dans la presse et sur les réseaux sociaux. La moindre tentative de  critique à l’égard de son prédécesseur était hasardeuse, voire suicidaire. "La liberté d’expression est un principe fondamental", a souligné la  directrice générale de l’Unesco après avoir remis son prix au lauréat  azerbaïdjanais.  Dans une déclaration à l’AFP, Irina Bokova a appelé à "un dialogue national  nécessaire lorsque des sensibilités identitaires, religieuses ou autres se font  jour".   L’affaire Nessma qui a provoqué des violences commises par des islamistes  extrémistes, a constitué le premier couac sérieux dans la Tunisie nouvelle.   Des tensions sont ensuite apparues entre le gouvernement accusé de vouloir  mettre au pas des journalistes en quête d’une pratique libre et de  professionnalisme.    Le Syndicat des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé une "importante  régression des libertés" depuis la chute de Ben Ali et compté 60 journalistes  physiquement agressés.   Dans un rapport publié à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de  la presse, le SNJT dénonce "le silence et la passivité" du gouvernement face  aux attaques prenant les journalistes pour cible.    De nombreux journaux, radios et TV ont émergé depuis la révolution, a noté  l’Instance indépendante chargée de réformer le secteur des médias (Inric) dont  les relations avec le gouvernement ont aussi connu des tensions.  Cette instance, dont le travail a été entravée par les autorités, selon son  président Kamel Labidi, a dénoncé lundi des "dérives" dans la presse depuis la  chute de Ben Ali: règlements de comptes personnels et politiques, rumeurs et  fausses informations, manque de professionnalisme et entorses à l’éthique.   Des journalistes à la solde de l’ancien régime sont toujours en place dans  les médias et certains ont repris du service auprès des dirigeants islamistes.
 
 
 Algerie – ennaharonline
 

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