Economie

La zone euro encore sous tension après la dégradation de la note espagnole

       La zone euro restait soumise à de fortes  tensions vendredi, en particulier sur le marché de la dette, après la sanction  infligée par Standard and Poor’s à l’Espagne, une décision qui intervient en  plein débat sur l’impact des mesures d’austérité sur la croissance.  La fragilité de la situation espagnole était patente, avec un retour à la  récession, mais l’annonce jeudi soir de la dégradation de la note du pays de  deux crans, de "A" à "BBB+", est venue renforcer les inquiétudes sur la  capacité à redresser la barre du pays qui fait aussi face à un chômage record  (plus de 24%).  Cet abaissement s’est aussitôt répercuté à la hausse sur les taux auxquels  les Etats empruntent pour refinancer leur dette. L’Italie, qui a emprunté  vendredi près de 6 milliards d’euros, a dû faire face à une montée des taux.  En milieu de journée, la nervosité restait palpable. Vers 10H00 GMT, le  taux des obligations à 10 ans de l’Espagne s’établissait à 5,908% contre 5,811%  jeudi, celui de l’Italie à 5,710% (contre 5,628%), et celui de la France à  2,993% (contre 2,970%). Celui de l’Allemagne, référence et refuge en temps de  crise, baissait lui à 1,671% (contre 1,682%).  Après avoir accusé brièvement le coup en début de matinée, les Bourses  européennes semblaient cependant se calmer à la mi-journée.  a dégradation de la note espagnole "n’est pas totalement une surprise mais elle pèse sur le moral des marchés en zone euro, puisqu’elle s’ajoute à une  série d’événements négatifs", a estimé Kintai Cheung, économiste chez Crédit  Agricole CIB.  Elle vient en effet s’ajouter aux incertitudes politiques notamment en  France, avec la présidentielle où le candidat socialiste, François Hollande,  est arrivé en tête au premier tour.   Cette dégradation intervient également au moment où responsables  économiques et politiques s’interrogent sur la manière dont les déficits  peuvent être réduits dans un contexte économique déprimé, avec un recul du PIB  attendu de 0,3% en 2012 en zone euro, selon le FMI.    Car la rigueur conduit aussi à la récession, comme en Espagne, mais  également au Royaume-Uni, compliquant la tâche de réduction des déficits. Elle est également source d’instabilité politique, comme en témoigne la  situation en république tchèque où le Premier ministre, Petr Necas, dont les  mesures d’austérité sont contestées, affrontait vendredi un vote de confiance  au Parlement.    Au Pays-Bas, quelques jours à peine après la démission de son gouvernement,  victime d’un désaccord sur la réduction des déficits, le Parlement a finalement  approuvé jeudi soir le budget de rigueur réclamé par Bruxelles.  Conscient de ces écueils, les Européens pourraient d’ailleurs se réunir  dans les semaines qui viennent pour commencer à définir les contours d’une  stratégie de croissance.    La brèche a été ouverte par M. Hollande, favori des sondages pour le second  tour qui se déroule dimanche 6 mai, en proposant de renégocier le pacte  européen de discipline budgétaire renforcée, pour y ajouter une dimension de  croissance.    D’abord raillé, M. Hollande a fini par recevoir des soutiens en Europe,  face à l’austérité, incarnée par la chancelière allemande Angela Merkel qui a  assuré vendredi l’Espagne de sa "confiance" et de "son respect" mais a aussi  redit son opposition catégorique à une renégociation du pacte.  "Ce n’est pas l’Allemagne qui va décider pour l’ensemble de l’Europe", a  rétorqué M. Hollande. Au-delà des désaccords, la prise de conscience de l’enjeu que représente la  retour à la croissance en Europe est de plus en plus prononcée.    Car selon Jesus Castillo, spécialiste de l’Europe du Sud chez Natixis, "on  a atteint les limites des politiques d’austérité menées à travers l’Europe:  l’austérité à tout-va se traduit au final par moins de consommation, donc moins  de TVA, plus de chômage, donc moins d’impôt sur le revenu".
 
 
    Algerie – ennaharonline
 

  

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