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Laksaci prévient à Washington des risques pesant sur les perspectives économiques mondiales

 Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Laksaci, a mis en garde, samedi à Washington, des risques considérables qui pèsent encore sur les perspectives économiques mondiales dans le sillage de la situation financière difficile dans la zone euro et aux Etats-Unis, tout en appelant à un soutien fort aux pays en transition de la région MENA.M. Laksaci s’exprimait au nom du groupe des pays qu’il représente (Algérie, Afghanistan, Ghana, Iran, Maroc, Pakistan et Tunisie) à la réunion du Comité monétaire et financier international du FMI (CMFI) dans le cadre de la réunion de printemps du Fonds et de la Banque mondiale qui se tient du 19 au 21 avril dans la capitale fédérale américaine.Le point positif relevé par le gouverneur de la Banque d’Algérie réside dans les mesures prises par les pays avancés et la forte performance des pays émergents et en développement, dont les pays à faibles revenus, qui se sont traduits, selon lui, par des signes d’amélioration graduelle des perspectives de l’économie mondiale et de la stabilité financière.Mais cela n’est pas suffisant, a fait valoir l’argentier algérien qui a relevé les "risques considérables" qui continuent de peser sur les perspectives à moyen terme au vu, particulièrement, de la situation encore difficile dans la zone euro et des incertitudes concernant la consolidation budgétaire et la réduction de la dette publique aux Etats-Unis et au Japon.Selon M. Laksaci, c’est que des risques apparaissent également dans certains pays émergents, et ce, en relation avec "la croissance rapide du crédit et des prêts transfrontaliers, facilités par la recherche de gains dans l’environnement actuel de faibles taux d’intérêt mondiaux"."Pas de place pour l’autosatisfaction", a lancé M. Laksaci devant le CMFI, en appelant, en conséquence, à un esprit renouvelé de coopération globale et davantage d’actions pour rétablir la confiance, atténuer les risques et renforcer les perspectives de croissance et d’emploi.Selon lui, "les défis sont bien identifiés et nécessitent d’être relevés de manière décisive".Dans ce sens, il a soutenu que dans la zone euro, ces défis incluent des efforts soutenus vers la consolidation budgétaire tout en minimisant les effets négatifs sur la croissance à court terme, l’accélération de l’assainissement des bilans des banques et des entreprises pour rétablir la croissance du crédit et l’amélioration de l’accès au crédit pour les PME.Pour ce qui concerne les Etats-Unis et le Japon, M. Laksaci a estimé que des plans de consolidation "crédibles" assurant une réduction du déficit et de la dette étaient incontournables pour éliminer les risques et soutenir la reprise économique, avec des effets bénéfiques sur l’économie mondiale et la stabilité financière.
Bonnes performances des pays émergents et en développement

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque d’Algérie a soutenu que la poursuite des bonnes performances des pays émergents et en développement offre une opportunité pour reconstruire des marges de manoeuvre macroéconomiques.Tout en saluant les performances de croissance soutenue des pays à faibles revenus, il a appelé à des efforts pour renforcer la viabilité du Fonds fiduciaire pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC).Abordant la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), il a préconisé un rééquilibrage accru des politiques budgétaires, dont un meilleur ciblage des subventions, des investissements en infrastructures et une amélioration du climat des investissements pour une croissance forte et diversifiée et la création de l’emploi.Sur ce point, il a évoqué les pays en transition de la région qui, a-t-il rappelé, font face aux importants défis de répondre aux besoins sociaux pressants et de mettre leurs économies sur la voie de la croissance forte et durable et de la création d’emploi, tout en rétablissant la stabilité macroéconomique.C’est dans ce sens qu’il a appelé à un "soutien fort" à ces pays de la part de la communauté internationale dont le FMI lequel, a-t-il précisé, devra s’assurer que les conseils qu’il prodigue ainsi que son assistance financière et technique soient "adaptés aux circonstances et besoins exceptionnels de ces pays et que la mise en oeuvre des politiques macroéconomiques et réformes structurelles demeure en phase avec l’objectif d’assurer une transition réussie".

Une révision des quotes-parts reflétant le poids grandissant des pays en développement

Au cours de son intervention, M. Laksaci a regretté que la revue de la formule de calcul des quotes-parts au FMI se soit achevée sans un accord sur une nouvelle formule, et a exhortée que la 15eme révision générale des quotes-parts soit opérée sur la base d’une nouvelle formule qui devrait être guidée par l’objectif de renforcer la légitimité et l’efficacité du FMI en garantissant "une représentation juste de tous ses membres".Il a insisté pour que la nouvelle formule doive permettre une augmentation conséquente de la quote-part des pays émergents et en développement dynamiques sans que cette augmentation intervienne aux dépens d’autres pays émergents et en développement.Le CMFI, composé de 24 membres dont chacun représente généralement une région, a pour rôle d’examiner des questions relatives à l’économie mondiale et offre au FMI des conseils sur l’orientation de ses travaux, comme il examine aussi des propositions du conseil d’administration du FMI visant à modifier les statuts, et il réagit à des événements qui risqueraient de perturber le système monétaire et financier international.

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