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Le 26 février 1989, la mort du Juste

Il y a vingt-sept ans, Mouloud Mammeri revenait d’un colloque sur l’Amazighité organisé à Oujda, au Maroc, lorsqu’il eut un accident de la route près de la wilaya d’Ain-Defla et mourut, laissant derrière lui un héritage d’une valeur incommensurable.

Il naquit un 28 décembre 1917 sur les hauteurs ancestrales de Kabylie, dans un village accroché à une colline qui refuse l’oubli. Da Lmulud, ou Mouloud Mammeri, fut un écrivain et linguiste qui marqua l’histoire d’un pays embrasé par un colonialisme centenaire.

Emboîtant le pas à une effervescence nationaliste, alimentée notamment par un dénouement qui ne fut pas synonyme de répit, Mouloud Mammeri s’est distingué par son combat identitaire et culturel qui fut longtemps son « opium », une source d’inspiration assurant sa « Traversée ».

Les pays d’Afrique du Nord lui doivent au moins le mérite d’être le père fondateur de la « Grammaire amazighe » (Tajerrumt N Tmaziɣt). Une langue pour laquelle il consacra une partie de ses travaux ; de « Lexique français-touareg » en 1967 à « Awal » en 1985, passant par «Tajerrumt N Tmaziɣt » et « Précis de grammaire berbère », Mouloud Mammeri insuffla la vie et dépoussiéra cette langue qui nous vient des fins fonds des âges. Avouant, en s’inspirant de « La mort absurde des Aztèques », que « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », l’auteur du Sommeil du Juste voulait donner un caractère éternel à la civilisation amazighe.

« Vous me faites le chantre de la culture berbère et c’est vrai. Cette culture est la mienne, elle est aussi la vôtre. Elle est une des composantes de la culture algérienne, elle contribue à l’enrichir, à la diversifier, et à ce titre je tiens (comme vous devriez le faire avec moi) non seulement à la maintenir mais à la développer », disait-il en réponse à un article.

Abhorrant l’oubli et le reniement de l’identité, « Ce crime qui va tous nous valoir de mourir ou d’être condamnés » (Extrait du Sommeil du Juste), Da Lmulud fut accompagné par une foule de plus de 200.000 personnes à sa dernière demeure, dans son village natal à Taourirt-Mimoun. 

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