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Le contrôle de la route de l'Ouest libyen, l'une des clés du conflit

  •    "Si la route vers la Tunisie est bloquée, rien ne pourra passer dans cette zone entre Nalout et Zenten et la situation humanitaire deviendrait très mauvaise", résume pour l’AFP le directeur du Croissant Rouge libyen de Nalout, le docteur Ali Gernaz.
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  •    Il vient de recevoir par la route près de deux tonnes de produits d’hygiène venues de Tunisie, qui vont rejoindre dans un grand entrepôt médicaments et  instruments de chirurgie destinés à l’hôpital de la ville qui compte 236 lits.
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  •    Cette aide a été acheminée par Oussama Bongab, 49 ans, un riche Libyen de Londres, volontaire de l’organisation humanitaire de la diaspora libyenne Wafa, qui fait des allers-retours réguliers entre la frontière et Nalout, à 56 km du poste-frontière tunisien de Dehiba, ainsi que Zenten (230 km).
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  •    L’axe entre la frontière et Zenten, via Nalout, traverse le Djebel Nefoussa, un vaste massif montagneux, fief historique de berbères libyens qui se sont soulevés contre le régime de Mouammar Kadhafi.
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  •    Quelques kilomètres après le poste-frontière libyen et le village de Wezen déserté par ses habitants, la route grimpe doucement sur le plateau dans un paysage lunaire avec quelques maigres épineux. Deux postes de contrôle des rebelles sont installés avant la ville de Nalout, construite sur un vaste plateau rocheux, dominant une plaine.
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  •    Une tranchée a été creusée de part et d’autre du second poste gardé par des  miliciens débonnaires. A 300 mètres de la route, trois transports de troupes blindés armés d’une mitrailleuse de 14 mm sont visibles.
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  •    En direction de Nalout, des véhicules transportant des citernes d’essence souples, du ravitaillement et des soldats rebelles roulent à vive allure sur cette route bien entretenue. Dans l’autre sens vers la Tunisie, on croise des familles qui fuient les combats, des pick-up chargés de moutons et des poids-lourds remplis de sacs de ciment qui vont être vendus en Tunisie.
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  •    A Nalout, quelques traces de bombardement sont visibles sur des habitations.
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  •    Devant une maison touchée par un obus de gros calibre, Ziyad Meckhan, 19 ans, raconte: "Tout le monde a peur des bombardements et les maisons sont vides. Des hommes sont restés pour garder les maisons et nourrir des animaux".
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  •    Les rues de cette ville, qui abrite 25.000 habitants en temps normal, sont vides et il ne resterait, selon les rebelles, que quelque 10.000 personnes. Les rares magasins ouverts commencent à manquer de certains produits comme en témoignent des rayonnages vides.
  •    Mais le sort de Nalout, qui contrôle à la fois l’accès vers Tripoli au nord-est et vers Ghadames, ville libyenne au sud à la frontière avec l’Algérie, se joue peut-être tout près de la frontière tunisienne.
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  •    Depuis une semaine, des combats opposent rebelles et soldats fidèles à Mouammar Kadhafi pour le contrôle de la localité de Gzaya à une dizaine de km de la frontière.
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  •    Les forces loyalistes tentent de s’emparer de Gzaya, située à l’entrée de Djebel Nefoussa, afin de pouvoir pilonner le secteur de Wezen pour reprendre le poste-frontière tenu côté libyen par les insurgés.
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  •    Samedi matin, une intense activité d’artillerie, la plus importante depuis le début du conflit, était audible depuis le poste-frontière de Dehiba (Tunisie) face à celui de Wezen (Libye).
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  • Ennaharonline
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