Culture

Le monologue "Ath’tharthara el akhira li El Maghout" : un fervent appel à la raison

 Le monologue syrien "Ath’tharthara el akhira li El Maghout" (Le dernier bavardage d’El Maghout), a été présenté dimanche, à la salle El Mouggar, à Alger, rappelant l’urgence de trouver, par les voies du dialogue, une issue pacifique au conflit sanglant qui frappe la Syrie.Inspiré de l’£uvre poétique de Mohamed El Maghout, le monologue, écrit par Cladys Mater, sonne comme un appel à la raison à l’endroit de toutes les parties en conflit.Mohamed El Maghout (1934-2006), dramaturge et poète syrien, a passé sa vie à éveiller les consciences à travers ses œuvres, en Syrie comme dans le reste des pays arabes, par des mises en garde répétées contre les manquements et les imperfections socio-politiques.Une projection violente et saisissante confronte d’entrée l’assistance à la réalité du quotidien syrien marqué par les bombardements intensifs et les échanges de rafales de fusils mitrailleurs.Mis en scène par Faek Erk Soussi, le spectacle tente d’apporter des éléments de réponse aux différents antagonismes qui nourrissent le conflit sanglant entre les enfants d’une même patrie.Avec talent et beaucoup d’énergie, Soheil Haddad est l’unique comédien du spectacle choisissant pour sa rhétorique les méthodes du dramaturge français Antoine Artaud où le drame et l’urgence sont omniprésents pour pousser le récepteur à prendre conscience et agir."Révolution", "Guerre civile" et "Guerre mondiale" sont les différentes perceptions des affrontements devenus fréquents et incessants en Syrie, que le soliloque a rapporté avec ironie, fustigeant au passage, les intellectuels qui ont préféré quitter le pays et suivre les évènements de l’extérieur.Une succession de personnages représentant les différents antagonistes sont interprétés dans des imitations réussies allant du tortionnaire, à la victime, passant par les discours subversifs des responsables politiques établis à l’étranger.Elargissant le discours au-delà de la Syrie, le comédien a également évoqué la situation du monde arabe montrant du doigt ses tares et ses altérations. "Dans les pays arabes, on nous apprend dès notre enfance à nous taire", martèle Soheil Haddad.Des silhouettes géantes de personnes debout, représentant les victimes de la tragédie syrienne, drapées dans des linceuls le long de la scène et des petites estrades, tribunes à toutes sortes de discours, ont constitué un élément dramaturgique donnant au message la force visuelle nécessaire.Les effets sonores, les lumières frontales et latérales à dominance rouge et orange ont créé des atmosphères de détresse favorables à l’accompagnement du texte.Le violoncelle, le luth et les quelques flashs radio lugubres émis par le son parasité d’un transistor, ont aidé à asseoir l’esprit mélancolique et le climat morose du spectacle."Le monologue est un profond cri de détresse en faveur d’un éventuel sursaut qui conduirait à établir des passerelles pour la paix entre les belligérants en Syrie et stopper l’effusion de sang", a déclaré Soheil Haddad à l’APS."Ath’tharthara el akhira li El Maghout" est le 2ème spectacle étranger, programmé au 3e soir du 8e Festival du théâtre professionnel qui se poursuit jusqu’au 2 juin prochain.

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