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Le procès de Moubarak ajourné, les avocats des plaintes civiles interdits

 La cour criminelle du Caire chargée de  juger l’ancien président Hosni Moubarak, accusé de corruption et de complicité  dans le meurtre de manifestants, a conclu samedi une brève séance en  interdisant aux avocats chargés des plaintes civiles d’être présents à l’avenir.    Le juge Mahmoud al-Rachidi a également annoncé que le procès reprendrait  lundi, à l’issue d’une audience expédiée en quelques minutes.    M. Moubarak, 85 ans, a comparu quant à lui vêtu de la tenue blanche des  détenus, dans un box grillagé, le regard caché par des lunettes de soleil, pour  cette deuxième audience de son nouveau procès.    Le juge a invoqué le fait qu’il dirigeait une cour criminelle pour estimer  que les avocats chargés des plaintes civiles n’y avaient pas leur place. Ces  derniers représentent certaines des familles des quelque 850 personnes, selon  les chiffres officiels, tuées lors de la révolte contre le régime de Hosni  Moubarak début 2011.    Ces avocats s’étaient, lors de la précédente audience, manifestés  bruyamment, en réclamant "l’exécution du meurtrier" à l’adresse de M. Moubarak.    Cette décision a provoqué la colère des avocats présents, qui ont scandé  "le peuple veut l’épuration de la justice".    L’un deux, Sameh Achour, a toutefois assuré à l’AFP que cela ne devrait pas  avoir d’impact majeur sur la procédure criminelle, qui doit se poursuivre entre  les juges, les procureurs et les avocats de la défense de M. Moubarak et des  autres co-accusés.     L’avocat de M. Moubarak, Farid el-Dib, manifestement satisfait de la  décision du juge de ne plus autoriser la présence de ces avocats des plaintes  civiles, a dit à l’AFP qu’il avait lui-même déposé une demande en ce sens.    Le président déchu avait été condamné à la prison à vie en juin 2012 mais  le jugement avait été annulé en janvier dernier suite à un appel.    M. Moubarak est jugé en même temps que son ancien ministre de l’Intérieur  Habib el-Adli et six anciens hauts responsables des services de sécurité. Ses  deux fils, Alaa et Gamal, sont également jugés en même temps que leur père pour  des charges de corruption.    Ce nouveau procès avait connu un faux départ à la mi-avril, le président du  tribunal se récusant à l’ouverture de l’audience. Le procès avait pu démarrer  le 11 mai, avec un nouveau juge pour présider les débats.    Le premier procès de M. Moubarak avait, lors de son ouverture en août 2011,  captivé l’Egypte, stupéfaite de voir l’homme qui avait régné sans partage  pendant trente ans sur le pays comparaître dans une cage grillagée.    L’intérêt pour cette procédure judiciaire est toutefois aujourd’hui  moindre, une grande partie de la population étant davantage préoccupée par les  difficultés économiques dans un pays profondément divisé, désormais dirigé par  un président islamiste, Mohamed Morsi.    M. Moubarak est actuellement détenu avec ses deux fils dans la prison de  Tora, dans la banlieue sud du Caire. Au cours des deux dernières années, il a  effectué plusieurs séjours dans un hôpital militaire en raison de son état de  santé. 

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