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L'Egypte présente une loi controversée sur les ONG au Sénat

    
 Le président égyptien Mohamed Morsi a  annoncé mercredi avoir présenté un projet de loi régulant les organisations de  la société civile, un texte représentant selon la présidence les valeurs du  soulèvement de début 2011 mais qui a été accusé de vouloir imposer des  restrictions aux ONG.    "L’Etat ne domine pas (…), n’aspire pas à et ne doit pas dominer la  société civile", a déclaré M. Morsi dans un discours retransmis à la télévision.    "La priorité à la présidence est d’appuyer le rôle que jouent ces  organisations et de lever les obstacles administratifs" auxquels elles font  face, a-t-il ajouté.    La loi a été présentée au Sénat, qui assume le pouvoir législatif en  l’absence d’Assemblée.    Le projet de loi "reflète un équilibre entre (…) l’objectif de défendre  la sécurité nationale et celui de défendre les libertés des groupes de la  société civile", a affirmé une conseillère du président islamiste Mohamed  Morsi, Pakinam Sharkawi.    D’autres projets de loi régulant les organisations non-gouvernementales,  dont l’un donnait à des responsables des services de sécurité le droit de  superviser les ONG, ont été vivement critiqués.    "Je confirme que ce projet de loi supprime entièrement le rôle de la  sécurité", a dit Wael Zoghby, qui a participé à la rédaction de la loi.    Mme Sharkawi a assuré que les critiques contre le projet de loi, que la  présidence n’a pas encore rendu public, étaient inexactes et reflétaient les  versions passées.    Mais le brouillon le plus récent montré par la présidence aux groupes de la  société civile, daté du 18 mai et obtenu par l’AFP, n’exclut pas la  représentation des services de sécurité au sein d’un puissant comité  supervisant le financement des ONG étrangères.    Sous Hosni Moubarak, plusieurs groupes n’ont pas obtenu d’autorisation  d’opérer en Egypte et leurs activités étaient contrôlées et parfois interdites  par les puissants services de sécurité.    "La philosophie de l’Etat égyptien avant la révolution du 25 janvier (2011)  était de contrôler la société. Maintenant nous assistons à une nouvelle ère, au  cours de laquelle la présidence adopte une nouvelle vision, une philosophie de  consolidation de la coopération entre l’Etat et la société", a dit Mme Sharkawi.    Mais selon Heba Morayef, la directrice de l’ONG Human Rights Watch en  Egypte, le dernier brouillon qui lui a été présenté autorise toujours des  restrictions politiques sur le financement et les activités des ONG.    Les groupes égyptiens de défense des droits de l’Homme dépendent largement  des financements étrangers, selon elle, ce qui serait contrôlé par le comité.    "Le comité a un contrôle absolu sur les fonds qu’on reçoit", a-t-elle dit à  l’AFP, ajoutant que les groupes devraient obtenir l’autorisation du comité pour  tout fonds reçu ou écoper d’une amende de 14.200 USD. 

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