Economie

Les Algériens face à un manque de liquidités monétaires

  •    A Alger et en province, les effets de la crise se manifestant par de longues files devant les bureaux de la Poste où sont notamment domiciliés six millions de comptes de fonctionnaires et de retraités, pressés de retirer leur paie dès son versement à la fin de chaque mois par le Trésor public.
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  •    Le manque de liquidités résulte d’un écart entre les approvisionnements de la Banque d’Algérie et la demande de billets "qui a très fortement augmenté durant les six derniers mois en liaison avec les récentes hausses de salaires des employés de la Fonction publique", a reconnu cette semaine le ministre des Finances, Karim Djoudi.
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  •    "On aurait dû étaler les versements mais, probablement, la pression sociale était trop forte", observe dans le quotidien El Watan l’économiste Mustapha Mékidèche selon lequel la Poste n’a pas développé son réseau et ses capacités logistiques "pour prendre en charge l’explosion de la demande".
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  •    En 2010, les décaissements de la Poste ont totalisé 2.110 milliards de dinars (21,1 milliards d’euros) alors que les montants alloués n’ont pas dépassé les 1.410 milliards de dinars (14,1 milliards d’euros), soit un écart de 700 milliards de dinars (7 milliards d’euros), selon des chiffes fournis par El Watan, de source bancaire.
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  •    Pour le mois de mars dernier, les décaissements ont été de 217 milliards de dinars (2,17 milliards de dinars) contre une moyenne de 120 milliards de dollars (1,2 milliard de dinars) avant la crise.
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  •    Pour y faire face, la Banque d’Algérie a décidé d’émettre dès fin avril  un billet de 2.000 dinars (20 euros), la plus forte valeur alors que les billets en circulation vont de cinquante dinars (0,5 euros) à 1.000 dinars (10 euros).
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  •    "Cette réponse permet à l’institut d’émission de satisfaire plus rapidement la demande de billets", a expliqué le ministre des Finances.
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  •    Selon lui, cela n’aura pas de conséquence sur le niveau de la masse monétaire alors que des experts craignent un risque d’inflation.
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  •    "La même quantité de monnaie fiduciaire sera redistribuée dans un assortiment différent de billets avec une proportion moindre de petites coupures", a encore fait valoir M. Djoudi en soulignant un autre "avantage" consistant à "orienter les besoins de thésaurisation vers les billets de 2.000 dinars délaissant les coupures inférieures aux besoins de circulation  monétaire".
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  •    Mais, selon M. Mékidèche, la Banque d’Algérie va quand même retirer de la circulation les "vieux billets" pour "éviter une émission disproportionnée source d’inflation".
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  •    Autre solution: le paiement électronique que l’Algérie compte introduire à partir de l’année prochaine. Quelques grandes entreprises publiques (eau, gaz, électricité, téléphonie et produits pétroliers) ont donné leur accord pour une première expérience, a indiqué jeudi le ministre de la Poste, Moussa Benhamadi.
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  •    La société Monetal, rattachée au groupe français Ingenico, un des leaders mondiaux des terminaux de paiements a vendu entre 12.000 et 13.000 équipements quand "il en faudrait au moins cent fois plus", selon son directeur général, Ali Talbi qui plaide pour une "décision politique".
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  •    "Les pouvoirs publics doivent prendre une décision ferme et exiger par exemple que les commerçants qui justifient d’un certain niveau de chiffre d’affaires soient monétisés dans un délai précis", souhaite-t-il.
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  • Ennaharonline

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