Monde

Les chiites du Moyen-Orient condamnent la répression à Bahreïn

  •    Les rues d’Irak ont même été le théâtre de manifestations de soutien aux protestataires, quelques heures après l’assaut meurtrier lancé par les forces bahreïnies contre les manifestants qui campaient depuis près d’un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes.
  •  
  •    A Najaf, centre spirituel du chiisme à 110 km au sud de Bagdad, un des plus hauts dignitaires chiites basés en Irak, l’ayatollah Bachir al-Najafi, a demandé "l’arrêt immédiat de cette injustice".
  •  
  •    "Nous condamnons cet acte irresponsable", a déclaré selon un communiqué de son bureau l’ayatollah Najafi, un des quatre membres de la marjaïya, la direction religieuse chiite.
  •  
  •    "Nous sommes surpris que le gouvernement de Bahreïn fasse appel à des forces de pays voisins, qui ont attaqué avec des armes et des obus des villages contre des personnes qui lançaient des slogans pacifiques", a ajouté M. Najafi, en référence aux unités saoudiennes et aux policiers émiratis dépêchés à Manama.
  •  
  •    Au moins trois manifestants sont morts dans l’assaut lancé mercredi matin.
  •  
  •    A l’appel du jeune chef radical Moqtada Sadr, qui jouit d’une immense popularité au sein des couches les plus défavorisées de la population chiite d’Irak, 2.000 personnes ont manifesté dans son bastion de Sadr City, à Bagdad, et plusieurs centaines d’autres à Najaf et Bassora (sud).
  •  
  •    "Oui, oui à la paix! Oui, oui à Bahreïn", scandaient les manifestants à Bagdad.
  •  
  •    "Les dirigeants arabes doivent savoir que les gouvernements ne peuvent pas éliminer le peuple, mais que l’inverse est vrai", a déclaré à l’AFP Mohanned al-Gharraoui, un des chefs sadristes à Bagdad. "Si Moqtada demande des volontaires pour aller à Bahreïn, je serai le premier."
  •  
  •    L’imam de la prière du vendredi à Najaf, Sadr al-Dine al-Qoubbanchi, a qualifié la situation à Bahreïn de "désastre humanitaire" et fustigé le "silence des Arabes et de la communauté internationale".
  •  
  •    "La communauté internationale, le monde arabe et le monde musulman avaient soutenu les peuples de Tunisie, d’Egypte, de Libye et du Yémen. Mais ils ne disent rien au sujet de Bahreïn", a-t-il déploré.
  •  
  •    Les dignitaires chiites bahreïnis avaient, dans la nuit, appelé la communauté internationale et le monde musulman à intervenir pour éviter un "massacre".
  •  
  •    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a fustigé quant à lui l’intervention de forces des pays du Golfe, voyant la main de Washington derrière cet "acte hideux voué à l’échec".
  •  
  •    "Les Etats-Unis cherchent à sauver le régime sioniste et à étrangler le mouvement des peuples et pour cette raison ils soutiennent certains gouvernements", a-t-il déclaré selon l’agence Irna.
  •  
  •    Au Koweït, des parlementaires chiites ont également critiqué la décision de certains pays de la région d’envoyer des forces épauler les autorités de Bahreïn.
  •  
  •    En Arabie saoudite, quelques centaines de manifestants chiites se sont rassemblés mardi près d’Al-Qatif, dans l’est, par solidarité avec les Bahreïnis, a indiqué un manifestant à l’AFP.
  •  
  •    Les chiites, qui se concentrent notamment dans la province orientale, riche en pétrole, constituent environ 10% de la population de l’Arabie saoudite. Cette communauté se plaint d’être marginalisée dans un pays régi par le wahhabisme, une doctrine rigoriste sunnite.
  •  
  •    Mardi soir, avant même l’assaut contre la place de La Perle, le puissant mouvement armé chiite Hezbollah avait condamné l’intervention militaire, estimant que l’usage de la force ne pouvait que "compliquer les choses".
  •    
  • Ennaharonline
  •  

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Le contenu est protégé !!