Economie

Les dirigeants européens se divisent sur la crise en Grèce

   La réunion qui est en cours depuis 15H30 (14H30 GMT) est, sur le papier,  
consacrée aux moyens de relancer la croissance et l’emploi, deux sujets  
longtemps occultés par la crise et l’austérité qui suscite la grogne en Europe.  

La Belgique était partiellement paralysée lundi par une grève générale.

   "Ce Conseil (européen) doit être un Conseil qui montre le chemin de  
l’espoir", a résumé le président de l’UE Herman Van Rompuy en ouverture des  
débats, "le but ultime de ce que nous faisons est d’améliorer la vie de tous".

   Mais la Grèce s’est de nouveau invitée dans la discussion. Berlin a jeté un  
pavé dans la mare en proposant de placer Athènes sous stricte tutelle d’un  
commissaire européen qui disposerait d’un droit de veto sur les décisions  
budgétaires du gouvernement.

   L’Allemagne, à l’instar d’autres pays, perd patience à l’égard de la Grèce  
face à la lenteur des réformes dans le pays et aux objectifs de réduction du  
déficit public national sans cesse reportés.

   Le projet a été révélé au cours du week-end et suscité des réactions très  
négatives en Grèce. "Soit nous avançons sur la voie démocratique où chaque pays  
est responsable de sa propre politique, soit nous sapons la démocratie dans  
l’Europe entière", a réagi lundi à Bruxelles Georges Papandréou, le chef de  
file des socialistes grecs et ex-Premier ministre.

   Athènes n’est pas seul à s’indigner. "Inacceptable", a estimé le Premier  
ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker à  
Bruxelles. Abondant dans ce sens, le chancelier autrichien Werner Faymann a lui  
jugé cette proposition "vexante".

   Face à cette fronde, la chancelière allemande Angela Merkel a tenté de  
calmer le jeu, sans pour autant se désavouer.

   Le débat doit porter sur "comment l’Europe peut aider à ce qu’en Grèce les  
tâches qui ont été données soient effectuées", a-t-elle déclaré à la presse.  

   "Mais tout ceci ne fonctionne que si la Grèce et les autres Etats membres  
(de l’UE) en discutent, c’est la raison pour laquelle je ne souhaite pas de  
débat polémique mais une discussion qui aboutisse à un succès", a-t-elle ajouté.

   Plus catégorique, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a lui  
laissé plané la menace d’un arrêt des prêts européens à Athènes faute de  
progrès.
   Berlin peut compter sur le soutien des Pays-Bas et de la Suède. Le Premier  
ministre néerlandais néerlandais Mark Rutte a demandé que la Grèce "honore tous  
les engagements qu’elle a pris avec nous" et son homologue suédois Fredrik  
Reinfeldt a dit "comprendre" la position allemande.

   En jeu: le déblocage du second plan d’aide au pays d’un montant de 130  
milliards d’euros, promis par les Européens en octobre dernier.

   Cette aide est vitale pour la Grèce qui doit rembourser 14,5 milliards  
d’euros de prêts le 20 mars, faute de quoi elle fera faillite.

   Ce climat d’incertitudes a pesé sur les marchés financiers: la Bourse de  
Paris a fini en baisse de 1,60%, Francfort de 1,04% et Londres de 1,09% avec un  
secteur bancaire particulièrement malmené.

   Malgré les inquiétudes sur la Grèce, les dirigeants européens veulent  
tenter lundi d’envoyer un message d’espoir à leurs concitoyens en matière de  
croissance et de lutte contre le chômage. Ils réfléchissent notamment à  
rediriger les budgets de certains fonds européens pour lutter contre le chômage  
des jeunes et aider les petites et moyennes entreprises. Aucune mesure concrète  
n’est toutefois attendue.

   Autre mission pour les 27 dirigeants: peaufiner leur arsenal anti-crise, en  
adoptant un nouveau traité visant à durcir leur discipline budgétaire commune,  
via l’instauration de règles d’or sur le retour à l’équilibre et l’introduction  
de sanctions quasi-automatiques contre les dérapages budgétaires.

   Sur ce dossier, la tâche semble plus compliquée que prévu, la France et la  
Pologne se sont lancées dans un bras de fer sur un point sensible mais très  
politique: le format des futurs sommets de la zone euro.  

   Paris tient à ce que les dix-sept pays utilisant la monnaie commune  
puissent se retrouver seuls entre eux sur certains sujets.

   La Pologne estime au contraire que tous les pays appelés un jour, comme  
elle, à rejoindre l’euro, devraient être invités. Elle a réussi lundi à rallier  
le soutien de plusieurs pays d’Europe de l’Est avec la République tchèque, la  
Hongrie et la Slovaquie qui, elle, fait déjà partie de l’Union monétaire, selon  
une source diplomatique. Selon une autre source, "l’Allemagne soutient le point  
de vue" de ces pays "mais ne veut pas se fâcher avec la France.

   Dernier chantier: les dirigeants européens vont mettre sur les rails le  
futur fonds de secours financier permanent de la zone euro (le MES), mais  
attendront le mois de mars pour décider quelle sera sa capacité effective de  
prêts.
 

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