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Les enfants du Groenland

  • Les autorités du territoire d’outre-mer danois reconnaissent que les problèmes sociaux constituent un frein à leurs aspirations d’indépendance vis-à-vis du Danemark.
  • La violence est "reconnue aujourd’hui comme un problème très grave dans la société", selon un rapport gouvernemental sur les stratégies pour la santé publique 2007-2012.
  • Dans un pays où près de la moitié de la population a été exposée à la violence à un moment ou un autre de sa vie, les enfants et adolescents sont particulièrement touchés.
  • Près de 28% des filles et 9% des garçons de moins de 14 ans ont été victimes d’abus sexuels, selon une enquête de 2004.
  • En dépit des tabous, 775 plaintes pour violences ont été déposées en 2005, soit proportionnellement 6 à 7 fois plus que dans la métropole danoise, selon les dernières statistiques officielles.
  • Et le nombre de plaintes pour crimes sexuels y est de 14 à 18 fois supérieur.
  • Pour Aleqa Hammond, députée du parti Siumut au pouvoir, "cette situation est inacceptable". Elle assure de "la volonté des responsables politiques de combattre par tous les moyens la violence et les abus sexuels contre les enfants, qui sont l’avenir de notre pays".
  • Pour tenter de résoudre ces problèmes qui sapent le développement de la société, les autorités ont demandé au Centre de la santé publique, PAARISA, de lancer diverses initiatives de prévention.
  • "Nous avons établi entre autres une ligne téléphonique anonyme où enfants, jeunes, parents peuvent appeler gratuitement des conseillers professionnels pour leur confier leurs problèmes", indique Bodil Karlshoej Poulsen, chef de division à PAARISA.
  • Plus de 1.200 appels ont été enregistrés en 2007, en hausse de 28% par rapport à 2006, venant notamment de jeunes filles de 14 à 16 ans qui évoquent les pensées suicidaires, les violences, la drogue et les abus sexuels.
  • Des dépliants intitulés "Mon corps est le mien" ainsi que le DVD d’une pièce de théâtre ont également été distribués aux écoliers, les appelant à défendre leur droit de "dire non" et à demander de l’aide si les adultes abusent d’eux.
  • "Les jeunes commencent à parler de plus en plus des atteintes dont ils sont victimes et qui touchent toutes les classes de la société, surtout les plus défavorisées" selon Mme Poulsen.
  • Ce qui explique que dans des enquêtes réalisées auprès d’écoliers, le nombre de jeunes se disant abusés sexuellement ait doublé en 10 ans, de 13% en 1993 à 28% en 2004.
  • Ce constat a conduit PAARISA à mener une campagne en 2006 afin de "contribuer à un changement de mentalités" pour que "ces sujets ne soient plus tabou, pour que les enfants osent dénoncer les violences sexuelles à leur encontre".
  • "Notre objectif est de briser les tabous, d’aider le mieux possible les victimes de violences sexuelles, et de faire comprendre aux adultes la nécessité de prendre soin des enfants", souligne le gouvernement.
  • Mais pour Else Poulsen, psychologue à Qaqortoq, "élaborer des stratégies ne suffit pas. Il faut que les politiciens fassent réellement entendre leurs voix".
  • "Il est important que nous prenions le taureau par les cornes et disons une fois pour toutes: non aux abus sexuels sur nos enfants, car nous ne pourrons pas bâtir un pays indépendant avec une jeunesse traumatisée", clame-t-elle.
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  • AFP

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