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Les groupes islamistes en Afrique, toujours disparates mais plus radicaux

  •    "Des groupes islamistes radicaux en Afrique sub-saharienne sont récemment devenus plus radicaux, notamment dans le contenu de leur rhétorique incendiaire et via des recrues pour un jihad (guerre sainte) armé", a résumé à l’AFP Fawaz A. Gerges, professeur de Relations internationales à la London School of Economics.
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  •    L’Aqmi, dont des éléments sont issus de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, algérien), multiplie depuis trois ans dans les pays du Sahel enlèvements et parfois assassinats d’occidentaux.
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  •    Les Shebab somaliens sont à la tête d’une insurrection meurtrière en Somalie visant à renverser le gouvernement et imposer une forme très stricte de la loi islamique (Charia).
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  •    Au Nigeria, le mouvement Boko Haram ("l’éducation occidentale est un péché" en langue Haoussa), entend imposer un "Etat islamiste pur".
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  •    Le géant d’Afrique de l’ouest, où 12 Etats du nord ont réintroduit la Charia en 2000, accapare actuellement l’attention après l’attentat raté contre un avion de ligne d’une compagnie américaine le jour de Noël, mené par un jeune Nigérian, fils d’un riche banquier.
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  •    L’islamisme le plus radical n’est pas une nouveauté pour le continent africain: Al-Qaïda y avait signé ses premiers attentats d’envergure en 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya (224 morts), attentats planifiés, entre autres, par un Africain, le Comorien Fazul Abdullah Muhammad.
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  •    Depuis, "les Etats-Unis et l’Europe ont surveillé de près l’Afrique sub-saharienne comme terreau de recrutement potentiel pour Al-Qaïda mais les  liens concrets avec Al-Qaïda ont été limités et sporadiques", selon Geoff D. Porter, directeur pour l’Afrique et le Moyen-Orient du centre de recherche Eurasia group basé à New York.
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  •    Pour autant, si la création de groupes islamistes radicaux en Afrique sub-saharienne renvoie le plus souvent à des logiques internes, des mouvements tels que l’Aqmi ou les Shebabs se réclament ouvertement d’Al-Qaïda et de son idéologie du jihad mondial, laissant craindre une exportation de leurs actions sur le continent notamment.
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  •    "Aqmi a misé, ces dernières années, sur les recrutements de militants de +type africain+ pour pouvoir agir plus aisément en Afrique et a commencé à envoyer des kamikazes dans les capitales du Sahel", explique ainsi le journaliste mauritanien Isselmou Ould Moustapha, qui suit les questions de terrorisme pour Tahalil Hebdo.
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  •    De même, les services de renseignements implantés en Afrique de l’est redoutent une action terroriste des Shebab hors des frontières somaliennes. Les cibles potentielles ne manquent pas: Ouganda, Burundi pour leur contribution à la force de paix de l’Union africaine en Somalie, intérêts occidentaux au Kenya voisin.
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  •    M. Georges pointe pour sa part des "signes alarmants d’interaction croissante et d’imprégnation réciproque entre les Shebabs somaliens et les groupes djihadistes yéménites".
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  •    Les Shebab ont ainsi annoncé vendredi qu’ils enverraient des "combattants" au Yémen où les forces gouvernementales traquent des suspects d’Al-Qaïda pour aider à combattre les "ennemis d’Allah".
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  •    Pour autant, "en dépit de cette récente radicalisation (…), l’islamisme en Afrique sub-saharienne est bien plus politique que militaire et moins volatile que dans le monde arabe, au Pakistan et en Afghanistan", estime M. Porter.
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  •    Dans un récent article, le chercheur français spécialiste de la Corne de l’Afrique Roland Marchal rappelait au sujet des Shebab que "parfois, les bénéfices tirés du soutien à une idéologie sont plus importants que son contenu lui-même", doutant de l’adhésion unanime et entière des Shebabs au jihad mondial.
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  • Ennaharonline/ AFP

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