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Les manifestations au Soudan sont "ridicules", selon le parti au pouvoir

   
 Un haut responsable du parti au pouvoir  au Soudan, Rabbie Abdelatti Ebaid, a estimé lundi que les manifestations,  débutées mi-juin, étaient ridiculement petites et pas représentatives de  l’opinion, dans un entretien à l’AFP.    "Je ne pense pas que ces manifestations aient un impact dans l’opinion  publique. Quelques personnes ici ou là… et d’autres dans une seule mosquée  (…) Qu’est-ce que c’est ? Ridicule!" a déclaré en riant M. Ebaid, membre  influent du Parti du congrès national (NCP).    "Nous ne pouvons pas comparer ce qui se passe ici, de la part de quelques  personnes avec ce qui s’est passé en Egypte, en Tunisie ou en Libye", a-t-il  ajouté, en référence aux révoltes du Printemps arabe initiées en décembre 2010.    La contestation, lancée le 16 juin par les étudiants de l’université de  Khartoum dénonçant la hausse des prix des produits alimentaires, a pris de  l’ampleur après l’annonce deux jours plus tard d’un plan d’austérité supprimant  en particulier les subventions aux carburants.    Le mouvement se manifeste par une multiplication de petites manifestations,  notamment le vendredi, dans de nombreux quartiers de Khartoum et dans d’autres  villes. En général, ces rassemblements sont violemment dispersés par les forces  de l’ordre.    Après un mois de manifestations sans précédent sous la présidence d’Omar  al-Béchir au pouvoir depuis 23 ans, le mouvement ne parvient néanmoins pas  encore à susciter une adhésion semblable à ceux ayant conduit à la chute des  régimes militaires en 1964 et en 1985.    "En fait, c’est de la propagande, de la propagande politique plus qu’une  vraie contestation", a déclaré M. Ebaid, également conseiller du ministre de  l’Information. Les manifestants ne peuvent même pas être qualifiés de  "minorité", a-t-il ajouté.   Le responsable a nié le caractère pacifique des manifestations: les  protestataires "ont brûlé de nombreux biens", a-t-il déclaré.     "En Europe, si quelqu’un essayait, sous couvert d’expression politique, de  blesser des gens, (le mouvement) ne serait pas autorisé", a-t-il affirmé.    Mais, a assuré M. Ebaid, "il est très clair que personne ne sera enfermé ou  contraint pour avoir dit ses opinions. Et tout le monde peut écrire ce qu’il  veut écrire".    Pourtant, selon Amnesty International et Human Rights Watch, "les forces de  sécurité soudanaises ont régulièrement fait usage de la force de manière  excessive pour disperser les manifestations et arrêté de nombreux manifestants  pacifiques".    Selon l’Organisation soudanaise pour la défense des droits et des libertés,  plus de 2.000 personnes ont été interpellées depuis le début de la contestation.    Les autorités ont notamment arrêté des journalistes et soumis la presse à  la censure.    Fin juin, des agents des services des renseignements avaient ainsi  perquisitionné le bureau de l’AFP à Khartoum et arrêté un collaborateur de  l’agence qui avait pris des photos de manifestations anti-régime, avant de le  relâcher 24 heures plus tard.
 
 

Algerie – ennaharonline

 

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