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Les Moudjahidine du Peuple ne sont plus des terroristes!

  •    Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis lundi à Bruxelles, devraient approuver le retrait des Moudjahidine de cette liste créée en 2002, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, et actualisée tous les six mois.
  •    "Après le jugement le 4 décembre du tribunal de première instance de la Cour européenne de justice, une organisation, les Moudjahidine du Peuple, n’a pas été incluse sur la liste", indique le texte qu’ils devraient approuver lundi sans discussion.
  •    Cette petite phrase – si elle est bien confirmée par les ministres – marquerait un tournant dans plus de trois ans de bataille juridique et médiatique entre l’UE et les Moudjahidine du Peuple, emmenés par leur leader Maryam Rajavi.
  •    Les Moudjahidine du Peuple sont une organisation fondée en 1965 avec pour objectif d’abord de renverser le régime du Chah puis le régime islamiste. Ils sont généralement haïs en Iran, où ils sont considérés comme des traîtres pour avoir combattu aux côtés de l’armée de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak dans les années 80.
  •    Un certain nombre d’entre eux, dont Mme Rajavi, habitent en banlieue parisienne et circulent librement. Lobbyistes très actifs auprès des médias et des eurodéputés, organisant régulièrement des manifestations en Europe, ils affirment n’avoir aucune activité terroriste.
  •    Mme Rajavi accuse les pays européens – la France en particulier, qui a insisté pour maintenir les Moudjahidine sur la liste ces derniers mois – de s’acharner contre eux pour "apaiser" l’Iran, un pays avec lequel les Européens ont des relations difficiles en raison du dossier nucléaire et de la situation explosive au Proche-Orient.
  •    De fait, les Moudjahidine ont marqué plusieurs points ces derniers mois face à l’UE devant les tribunaux, qui rendaient leur maintien sur la liste de plus en plus délicat pour les gouvernements européens.
  •    Leur première victoire remonte à décembre 2006, lorsque la justice européenne, suite à un de leurs appels, a obligé l’UE à revoir la façon dont elle établit cette liste et à préciser aux organisations visées les motifs de leur inscription.
  •    Il y a quelques mois, Londres, qui avait longtemps milité pour leur maintien sur la liste, a dû changer d’avis après avoir été débouté par une instance juridique britannique sur ce dossier.
  •    Enfin, le 4 décembre, le tribunal de première instance de la Cour européenne de justice a annulé le gel des fonds des Moudjahidine, qui résulte automatiquement de son inscription sur cette liste: il a reproché à l’UE d’avoir "violé les droits de la défense" des Moudjahidine en ne fournissant pas les "nouvelles informations" qui justifieraient leur maintien.
  •    Tout le problème semble d’ailleurs venir de là: même si plusieurs pays "ne sont pas convaincus que les Moudjahidine se soient distanciés du terrorisme", les preuves manquent, a résumé vendredi un diplomate.
  •    Reste à savoir comment réagira Téhéran si les Moudjahidine sont bien rayés de la liste lundi: un diplomate français a reconnu vendredi s’attendre à "une réaction" – autrement dit une protestation.
  •    Et la bataille juridique n’est peut-être pas terminée: la France a annoncé vendredi qu’elle avait fait appel de la décision du 4 décembre.
  •    Si elle obtenait gain de cause avant six mois, le diplomate n’a pas exclu que Paris redemande alors sa réinscription sur la nouvelle liste qui devrait être publiée fin juillet.
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  • Ennaharonline/ AFP

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