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Les parents ont tendance à cacher leurs enfants autistes

 Les parents ont souvent tendance à cacher leur enfant atteint d’autisme et l’éloigner davantage de la société, a estimé samedi le Pr. Madjid Tabti de l’établissement public hospitalier de Cheraga.

 Ayant animé une conférence à l’occasion de la journée sur l’autisme organisée par l’association Ajegu Alemas à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, l’intervenant a mis le point sur certains comportements négatifs des parents envers leurs enfants après le diagnostic de cette maladie.

« Nous constatons souvent une tension entre l’enfant autiste et sa famille et les parents mettent beaucoup de temps pour se familiariser avec celui-ci, ce qui complique sa situation et retarde sa prise en charge », a-t-il précisé.

 Le Pr. Tabti a signalé que des confrontations parents ûenfants autistes sont « très récurrentes » dans la société algérienne et l’incompréhension de la personne malade entraîne dans la majorité des cas « une dépression » chez les parents qui refusent l’idée de la maladie, à cause de leur inconscience et l’absence d’une prise en charge psychologique.

 Un travail de longue haleine basée sur des méthodes éducatives doit être mené avant d’amener l’enfant à la compréhension, puis l’établissement d’un contact et la coopération dans une troisième phase, a-t-il fait savoir.

 Il a signalé dans le même ordre d’idées que tout schéma de travail avec un enfant autiste doit prendre en compte trois principales étapes, à savoir l’intérêt, l’attention puis l’action. Ce processus évitera aux parents les confrontations et les incompréhensions qui poussent la personne malade à se renfermer davantage et rejeter tout contact avec le monde extérieur.

 Dr. Laurent Morelle Jean (France) a souligné pour sa part, la nécessité d’un plan d’accompagnement individuel en faveur des parents dès la détection de la maladie, tout en leur offrant un espace d’écoute qui les aidera à dépasser leur traumatisme, tout en les guidant sur les méthodes à suivre pour contribuer à la guérison de l’enfant atteint d’autisme.

 « Annoncer à un parent que son enfant est autiste n’est pas chose facile et l’aider à surmonter le choc et accepter la maladie nécessite un accompagnement réel et durable. Car ce n’est qu’après l’acceptation de cette réalité par les parents que nous pouvons penser à la prise en charge du cas de l’enfant à laquelle les parents sont fortement associés », a-t-il laissé entendre.

 Abordant de la prévalence de l’autisme, Dr. Belkehla de l’HS de Cheraga a évoqué une augmentation de nombre de cas d’année en année, tout en signalant une prédominance beaucoup plus importante chez les garçons que chez les filles (4 garçons pour une fille).

 Elle a signalé également que les jumeaux homozygotes sont exposés à raison de 60 à 90% à l’autisme contrairement aux jumeaux hétérozygotes. Le retard mental est la principale caractéristique d’un enfant autiste, a-t-elle ajouté, en plus de l’absence de sensations, l’isolement et les crises émotionnelles inexpliquées.

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