Economie

Les pays émergents, une parade à la crise pour des PME exportatrices

  •    "Si le marché français est malade, on doit aller chercher de la croissance ailleurs", avance, pragmatique, Denis Wautier, qui dirige Hiolle, une société de 800 personnes spécialisée dans les services à l’industrie et l’environnement à Valenciennes (nord de la France).
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  •    Un discours relayé par la secrétaire d’Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, lors d’un déplacement au Turkménistan et en Azerbaïdjan avec une délégation d’entreprises: il faut "réorienter une partie des investissements vers les pays émergents", a-t-elle plaidé, "ces nouvelles terres de mission sont d’autant plus importantes que nous souffrons de la crise".
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  •    Pour attirer les PME exportatrices, ces pays doivent présenter "un fort potentiel de croissance, des besoins en infrastructures, et bien sûr des capacités de financement", résume Pierre-Marie Charvoz, secrétaire général de Camiva, qui fabrique des camions de pompiers à Chambéry (sud-est de la France).
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  •    Cette PME, dont le chiffre d’affaires annuel tourne autour de 60 millions d’euros, devrait cette année encore voir son activité progresser, estime-t-il.
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  •   Une performance qui s’explique, selon lui, par l’intérêt porté à des pays ayant le soucis de se moderniser, comme "l’Algérie, la Chine ou le Chili".
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  •    En Azerbaïdjan, il a décroché "un gros contrat en 2006 avec la vente de 90 véhicules" et espère en obtenir un deuxième. "Le potentiel de ce pays est énorme", juge-t-il.
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  •    De 2005 à 2007, la croissance économique de cet Etat pétrolier s’est en effet située entre 25% et 35%, soit la progression la plus forte du monde. En 2008, elle a encore dépassé 10%.
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  •    Seule la baisse des prix du pétrole depuis l’été pourrait entraîner un ralentissement de sa croissance cette année. "Mais à long terme, les prix de l’énergie vont remonter", parie Michel Pousse, directeur commercial de Météo France International, qui tente, lui aussi, d’exporter dans ce pays.
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  •    Pour cette PME de 40 personnes basées à Toulouse, qui exporte les services et l’expertise de Météo France, "les perspectives restent bonnes malgré la crise". "Notre chance: bénéficier d’une prise de conscience mondiale sur les conséquences du réchauffement climatique et vendre un produit atypique", analyse M. Pousse.
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  •    S’intéresser aux pays émergents ne suffit pas, estime en effet Philippe Baudry, chef des services économiques auprès de l’ambassade de France à Moscou, "mais avec un bon produit, une PME peut exporter dans le monde entier".
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  •    C’est aussi la conviction du directeur de Hiolle qui ne prévoit pas de "catastrophe" cette année, parce que sa PME est "diversifiée", que "le secteur de l’environnement se porte bien" et qu’"il y a encore de l’argent pour plusieurs années dans quelques pays comme les pays arabes".
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  •    Pour autant, hors de leurs frontières, les PME se heurtent parfois à des procédures administratives complexes ou à la corruption. Lors de son déplacement, Anne-Marie Idrac, a notamment plaidé pour une "amélioration du climat des affaires".
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  •    "Ce n’est jamais facile d’exporter", reconnaît Denis Wautier. "Mais il faut qu’on devienne aussi bons que les Allemands". Pour ce patron, "cela implique de s’accrocher et d’être plus agressifs".
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  • Ennaharonline/ AFP

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