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Les tueurs d’enfants

  •    Ce témoignage recueilli par l’AFP à Jabaliya, au nord de Ghaza, se fonde sur les propos du père de famille et de voisins. Aucune autopsie du corps des deux enfants n’est par ailleurs possible et la presse étrangère n’a pas eu accès au territoire durant la guerre.
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  •    Khaled habite à Ezbet Abed Rabbo, un quartier de l’est de Jabaliya (nord de la bande de Ghaza). Des deux côtés de la rue principale, les habitations sont détruites sur plusieurs centaines de mètres.
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  •    "Nous avons été surpris par l’offensive terrestre le 7 janvier. A 12h50 (10H50 GMT) exactement l’armée est arrivée. Ils ont installé, là, devant la maison une position de chars", raconte-t-il en préparant du thé sur des braises.
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  •    "Ils nous ont demandés de sortir, moi, ma femme, ma mère et mes trois filles. Nous levions les mains en l’air pour leur montrer que nous nous rendions", poursuit-il. "Il y avait deux soldats sur un char, l’un mangeait des chips, l’autre du chocolat".
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  •    "Un troisième est sorti avec un (fusil automatique) M-16 et a commencé à tirer sur nous. Mes filles, Samar 4 ans, Amel, 2 ans, et Souad 7 ans, sont tombées au sol. Amel avait le ventre ouvert. Le soldat a continué à tirer. Souad est morte", continue Khaled.
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  •    "Ma mère a été blessée. Samar aussi. Les deux autres soldats n’ont pas bougé, ils n’ont fait que regarder", assure l’homme dont le témoignage a été confirmé par des voisins et des proches.
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  •    Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a affirmé n’avoir aucune information dans l’immédiat concernant cet incident.
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  •    Amnesty International et Human Right Watch, deux organisations de défense des droits de l’homme, mènent de leur côté des enquêtes. "Nous avons parlé à la mère de Khaled qui confirme les faits", a affirmé à l’AFP Donatella Rovera, une responsable d’Amnesty International.
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  •    Mais, a-t-elle souligné "aucun rapport médical ni d’expertise n’est disponible sur le corps des deux fillettes, qui ont été enterrées immédiatement".
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  •    Alors que Khaled Abed Abbo était devant sa maison, l’aviation israélienne menait des raids dans Ghaza, à quelques kilomètres.
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  •    "Nous sommes rentrés chez nous. Souad est restée dehors. Nous avons attendu les urgences mais personne n’est venu … J’ai brièvement entendu la sirène d’ambulance puis elle s’est tue. A l’intérieur, ma mère saignait. Ma fille Samar me disait: « je veux de l’eau papa, je suis blessée".
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  •    Dix huit jours après le drame, Khaled est toujours à bout de nerfs. "C’était comme un film, même maintenant, je ne réalise pas ce qui s’est passé". "J’espère que personne ne verra plus ce que j’ai vu", jure-t-il.
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  •    Et il ajoute: "Je demande au peuple israélien qu’il punisse celui qui a fait ça à mes filles".
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  •    Devant lui, la voiture d’une association islamique s’arrête, le coffre rempli d’aides alimentaires. Des dizaines de personnes se ruent alors que l’un des membres filme une famille qu’il a placée devant une banderole, barré du nom de l’association, à côté de décombres.
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  •    Khaled perd son calme: "Partez d’ici avec vos aides", crie-t-il. "Personne n’en veut. Ne venez pas souiller le sang de mes enfants".
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  •    Tremblant de colère, Khaled se rassoit. Son téléphone vibre. Le visage défait, il lâche: "Israël sera toujours au dessus de la loi". Sur l’écran, un SMS d’une agence locale d’informations indique: "Israël annonce qu’il protègera tous ses soldats contre toutes poursuites judiciaires".
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  • Ennaharonline/ AFP

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