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Libéré, l'opposant Tourabi affirme son soutien à la CPI

  •    "Les rapports internationaux doivent être régis par la justice. On doit accepter la justice internationale que ce soit contre nous ou pour nous", a déclaré à l’AFP Hassan al Tourabi dans sa résidence de Manshia, en banlieue de Khartoum, au lendemain de sa libération surprise.     "J’ai lu le mémo d’Ocampo (le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo), c’est très substantiel. Je savais qu’il n’allait pas être rejeté complètement" par les juges, a-t-il précisé alors que des dizaines de fidèles se rassemblaient dans sa maison pour saluer le cheikh, barbe et tunique immaculées.     Un mandat d’arrêt a été lancé mercredi dernier par la CPI contre le président soudanais Omar El Bachir, accusé de crimes de guerre et contre l’humanité, pour son rôle présumé dans les violences au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.     La quasi-totalité de la classe politique soudanaise a dit soutenir le président Béchir dans son combat contre la justice internationale, à l’exception notable de M. Tourabi et des membres de sa formation d’opposition, le Parti du Congrès populaire (PCP).     Tourabi avait été arrêté à la mi-janvier après avoir affirmé à des médias internationaux que le président soudanais, dont il fut un mentor, était "politiquement coupable" de crimes commis au Darfour.     Il avait aussi estimé, ce qu’il a maintenu à sa sortie de prison, que l’homme fort du régime devait se rendre de son propre chef devant la CPI qui siège à la Haye, aux Pays-bas.     La famille de Tourabi a annoncé sa sortie de la prison de Port-Soudan, sur la côte de la mer Rouge, dans la nuit de dimanche à lundi, mais les raisons de sa libération demeurent nébuleuses.     Selon ses proches, la santé du cheikh de 77 ans s’était détériorée depuis une semaine, mais le principal intéressé est apparu radieux, sa voix étant seulement un peu enrouée.     Est-ce le président el-Béchir qui a décrété sa libération? "Personne ne sait dans ce pays qui prend les décisions. Jusqu’à 21H00 hier (dimanche) soir il n’y avait pas de décision", dit-il, tirant à boulets rouges contre son ancien allié.     M. Béchir a participé depuis une semaine à de grands rassemblements politiques, pourfendant le "néo-colonialisme" occidental dont la Cour pénale internationale est, selon lui, un instrument.     "C’est un spectacle de propagande", rétorque Tourabi, interrogé sur les manifestations d’appui au président. "Nous connaissons exactement le sentiment de la population", affirme-t-il sans plus de précisions.     Hassan El Tourabi a été emprisonné à plusieurs reprises par le passé, accusé de menées putschistes ou de liens avec Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour.     Le JEM avait mené une attaque sans précédent en mai sur la ville jumelle de Khartoum, Oum Durman, mais avait été repoussé par les forces de sécurité soudanaises.     
  • Ennaharonline/ AFP

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