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Libye: au moins 17 civils tués dans des combats dans l’est

Au moins 17 civils ont été tués ces deux dernières semaines dans l’offensive militaire lancée début mai par l’homme fort de l’est libyen, Khalifa Haftar, contre Derna, ville contrôlée par des islamistes, a indiqué aujourd’hui l’ONU. Dans un communiqué, la mission des Nations unies en Libye (Manul) assure que « l’escalade des combats à Derna a atteint des niveaux sans précédent la semaine dernière, avec des combats qui empiètent de plus en plus sur des zones densément peuplées ».

« Depuis le 16 mai, écrit la Manul, au moins 17 civils, dont deux enfants, ont été tués et 22 autres, dont sept enfants, ont été blessés lors des affrontements » dans cette ville, place forte historique des islamistes radicaux et seule zone de l’est libyen à échapper au contrôle des forces du maréchal Khalifa Haftar. Sept de ces civils ont été tués mercredi « dans une explosion alors qu’ils tentaient de quitter la ville », selon la Manul, qui a appelé les parties à « prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger les civils » à Derna.

Le maréchal Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), a lancé le 7 mai une offensive pour « libérer » cette ville côtière de 150.000 habitants située à 1.000 km à l’est de Tripoli et qui est sous la coupe d’une coalition hétéroclite de milices islamistes et jihadistes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. L’ANL, qui assiégeait la ville depuis près de deux ans, avance avec des forces au sol appuyées par des raids aériens et des bombardements à l’artillerie lourde.

Depuis la chute de Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos et une myriade de milices armées, qui changent d’allégeance selon leurs intérêts, et de groupes jihadistes, dont ceux l’organisation Etat islamique (EI), y font régner un climat d’insécurité chronique, profitant de l’absence de pouvoir central et des rivalités politiques. ,Khalifa Haftar a le soutien des autorités basées dans l’est libyen, qui s’opposent fermement au gouvernement d’union national (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et l’ONU. Mardi à Paris, une rencontre a réuni pour la première fois autour d’une même table le chef du GNA Fayez al-Sarraj et le président du Conseil d’Etat Khaled al-Mechri, basés à Tripoli, avec leurs grands rivaux de l’est libyen, M. Haftar et le président de la Chambre des représentants Aguila Salah.

A l’issue de cette réunion, M. Sarraj a demandé l’arrêt de « l’escalade militaire » à Derna pour épargner les civils et à ouvrir des couloirs garantissant le passage de l’aide humanitaire. « L’accès humanitaire à Derna est extrêmement limité. Les pénuries d’aliments et de médicaments continuent de s’aggraver. L’électricité et l’eau sont coupées par intermittence », s’est inquiété la Manul dans son communiqué. Des ONG de défense des droits de l’Homme ont exprimé leurs inquiétudes quant aux risques encourus par la population de cette ville.

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