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Libye: dans un camp d'entraînement de l'Ouest

  •    La campagne d’enrôlement de volontaires pour la "croisade anti-Kadhafi" a été organisée par un ancien militaire se présentant sous le nom de Al Hadhari, un pseudonyme qui signifie "le civilisé".
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  •    Aujourd’hui, il dirige l’intendance et est l’un des formateurs militaire d’un camp d’entraînement, quelque part dans l’Ouest libyen.
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  •    Pour des raisons de sécurité, Al Hadhari demande à l’AFP de ne pas préciser l’emplacement exact du camp où se pressent 300 volontaires.
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  •    "Nous avons refusé des adolescents de quinze ans", affirme cet ancien militaire de l’armée libyenne qui a dirigé une caserne pendant trois ans.
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  •    Uniforme beige, bonnet d’aviateur en cuir, Ray-Ban sur le nez et barbe de trois jours lui donnent un look de baroudeur.
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  •    Pédagogue, il arbore souvent un grand sourire – mais au camp on ne rigole pas avec la discipline. 
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  •    A la cantine, une centaine de jeunes sont en train de manger. Des noirs, des arabes, des berbères. Une quarantaine d’entre eux ont gardé les uniformes du temps où ils étaient dans l’armée du "Guide". Beaucoup sont en pantoufles.
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  •    A part les ex-loyalistes, la majorité ne connait rien au métier des armes.
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  •    Dans la cantine, les "garde à vous! et "repos!" se succèdent toutes les dix secondes.
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  •    Quand les apprentis soldats se lèvent, des chaises tombent par terre, certains confondent les commandements gauche et droite.
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  •    "Nous n’avons pas le choix. Si on ne combat pas Kadhafi, il nous tuera", dit Ahmed en sortant de la cantine.
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  •    A 35 ans, ce professeur d’anglais a troqué sa blouse blanche contre un treillis. C’est la première fois qu’il tient une arme. Ahmed se dirige vers la cour où l’entraînement commence.
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  •    "L’ordre et l’obéissance sont l’essence de votre mission", crie Al Hadhari aux volontaires.
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  •    Dans les premières semaines des combats, l’anarchie regnait sur le front côté rebelle, des chebab, parfois très jeunes et dépourvus d’armes, se déployant et se repliant dans le plus grand désordre.
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  •    Selon lui, "n’est pas soldat qui veut, manier une mitraillette ne suffit pas". "J’insiste beaucoup sur l’éthique du militaire."
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  •    La formation dure deux semaines et deux sessions sont prévues. Les volontaires sont répartis suivant leur âge: les 18-45 ans d’un côté, les plus vieux d’un autre.
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  •    Dans ce camp, d’anciens militaires maîtrisent l’usage les lance-roquettes RPG. Ils ne demandent qu’à former les bénévoles. Seul souci: "on ne peut pas gaspiller de munitions pour l’entraînement. Si nous n’avons pas d’aide de la communauté internationale, nous ne pourrons pas tenir face aux armes modernes de Kadhafi", explique Al Hadhari.
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  •    "Ces soldats, ce sont comme mes fils. Certains sont plus âgés que moi mais j’ai peur pour eux comme pour mes fils. Je mange après eux, je me lève avant eux et je veille à ce qu’ils aillent au mieux", poursuit l’instructeur. 
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  •    Pour l’instant il forme 300 jeunes, mais il en attend environ 1.500 qui vont descendre des montagnes de l’Ouest.
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  • Ennaharonline

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