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Libye: des hommes armés maintiennent le siège de deux ministères à Tripoli

 

Des hommes armés maintenaient  lundi le siège de deux ministères à Tripoli malgré l’adoption d’une loi  controversée qu’ils réclamaient, certains d’entre eux exigeant désormais le  départ du Premier ministre Ali Zeidan.    Les différents groupes armés qui encerclaient depuis quelques jours les  ministères de la Justice et des Affaires étrangères, n’étaient pas en mesure de  se mettre d’accord sur leurs nouvelles exigences ou sur le maintien ou non du  siège.    "Nous sommes déterminés à poursuivre notre mouvement jusqu’au départ d’Ali  Zeidan", a indiqué à l’AFP Oussama Kaabar, un leader de la protestation.    Pourtant, des miliciens avaient affirmé dimanche qu’ils se retireraient des  abords des ministères des deux ministères concernés, immédiatement après  l’adoption dimanche par le Congrès général national libyen (CGN, Parlement) de  la loi excluant les anciens collaborateurs du régime déchu de Mouammar Kadhafi,  de la vie politique.    Ce projet, adopté sous la pression des miliciens armés -ces ex-rebelles qui  avaient combattu les troupes du régime déchu- exclut plusieurs responsables du  pays, comme le président du CGN, Mohamed al-Megaryef, ainsi que d’autres  députés et ministres mais pas M. Zeidan, un diplomate sous l’ancien régime.    Selon un journaliste de l’AFP sur place, des hommes armés et des véhicules  équipés de mitrailleuses et de canons anti-aériens entourent les deux  ministères.    Mais devant celui de la Justice, des miliciens affirment qu’ils levaient le  camp. "Nous attendons que quelqu’un du ministère arrive" pour partir, a déclaré  l’un d’eux, Dhirar Bayaou.    "Les protestataires sont divisés. Certains qui réclamaient seulement  l’adoption de la loi ont suspendu leur mouvement. D’autres ont des exigences  upplémentaires et restent sur place", a indiqué un chef d’un groupe armé.    "L’adoption de la loi sur l’exclusion politique constitue un grand pas sur  la bonne voie. Mais nous allons prendre notre temps pour l’examiner", a dit M.  Kaabar, membre de la "Coordination pour l’exclusion politique" et  vice-président du Conseil supérieur des thowars (révolutionnaires), les  ex-rebelles.    "De plus, nous sommes déterminés à faire tomber le gouvernement d’Ali  Zeidan", a-t-il dit, accusant le Premier ministre de "provoquer les thowars",  et de former une force pour les évacuer de la capitale.    Un autre responsable du groupe de M. Kaabar, Adel al-Gharyani a souligné  que le mouvement de protestation autour des ministères continuerait jusqu’à  "l’épuration" des institutions de l’Etat des collaborateurs de l’ancien régime.    Devant le ministère des Affaires étrangères, des miliciens ont confirmé  qu’ils comptaient y rester tant que des responsables et des fonctionnaires  ayant collaboré avec l’ancien régime y sont employés. Mais ils soulignent ne  pas réclamer le départ de M. eidan.    Le gouvernement Zeidan avait lancé il y a quelques semaines une campagne  pour évacuer de la capitale les "milices hors-la-loi".    "Nous espérons qu’Ali Zeidan reconnaisse son incapacité (à gouverner). Je  ne comprends pas pourquoi cet homme tient autant à son poste", a indiqué M.  Kaabar, proche des islamistes.    On ignore jusqu’ici qui tire les ficelles du mouvement de protestation  armée. Mais des observateurs pointent du doigt les islamistes qui étaient les  initiateurs de la loi controversée et qui cherchaient notamment à exclure leur  rival, Mahmoud Jibril, le chef de l’Alliance des forces nationales (AFN,  libérale), qui a remporté les dernières législatives du 7 juillet.    Visé par la nouvelle loi, M. Jibril a collaboré avec le régime de Mouammar  Kadhafi durant les dernières années de son pouvoir avant de rejoindre en 2011  la rébellion dont il a été le Premier ministre.    Les autorités libyennes ont échoué jusqu’ici à former une armée et une  police depuis la fin du conflit en octobre 2011, et à contrôler les milices  armées qui font la loi dans le pays. 

 

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