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Libye: le bilan dépasse les 100 morts, la contestation s'approche de Tripoli

  •    La plupart des victimes ont été tuées à Benghazi, deuxième ville du pays à 1.000 km à l’est de Tripoli, mais selon des témoins joints par l’AFP, des heurts sanglants ont éclaté samedi à Musratha, à 200 km à l’est de la capitale, et des dizaines d’avocats ont participé dimanche à un sit-in de protestation contre la répression devant le tribunal de Tripoli.
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  •    "Notre chercheur en Libye nous a confirmé qu’il y avait au moins 104 morts", a déclaré le directeur du bureau de HRW à Londres, Tom Porteous, joint par téléphone, citant des sources médicales et des témoins.
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  •    "Mais c’est une photographie incomplète de la situation car les communications avec la Libye sont très difficiles (…). Nous avons de fortes inquiétudes (…) qu’une catastrophe soit en cours en matière de droits de l’Homme", a affirmé M. Porteous.
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  •    Selon un décompte de l’AFP établi à partir de différentes sources libyennes, le bilan de la contestation contre le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, s’élevait à au moins 77 morts, pour la plupart à Benghazi.
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  •    Bastion de l’opposition, Benghazi est devenu le théâtre de "massacres", a affirmé Fathi Terbeel, un des organisateurs des manifestations, sur la chaîne Al-Jazira. "Cela ressemble à une zone de guerre ouverte entre les manifestants et les forces de sécurité".
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  •    Mohammed Mughrabi, un avocat a déclaré à l’AFP que des milliers de personnes manifestaient dimanche devant un tribunal de la ville et que d’autres protestataires étaient partis à l’attaque d’une caserne, où ils ont essuyé des tirs.
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  •    Selon des témoins joints par l’AFP, de nombreux manifestants avaient été tués samedi lors d’une tentative d’assaut contre cette caserne, située sur la route menant au cimetière.
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  •    "Nous demandons à la Croix Rouge d’envoyer des hôpitaux de campagne. Nous ne pouvons plus faire face", a déclaré M. Mughrabi.
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  •    Un membre du personnel de l’hôpital Al-Jalal à Benghazi a déclaré à HRW que l’établissement avait reçu samedi plus de 20 morts et que 25 blessés étaient dans un état critique, selon M. Porteous, selon qui la majorité des blessés étaient touchés par balles à la tête, au cou et aux épaules.
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  •    "Il semble que le leader libyen ait ordonné à ses forces de sécurité de mettre fin à tout prix aux manifestations, et que les Libyens soient en train de payer ce prix de leur vie", a dénoncé Amnesty International.
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  •    La Ligue arabe a appelé dimanche dans un communiqué "à cesser immédiatement tous les actes de violence et à ne pas utiliser la force contre les manifestations pacifiques", en faisant part de son "extrême tristesse" pour les victimes en Libye, à Bahreïn et au Yémen.
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  •    Plusieurs pays occidentaux se préparaient à évacuer leurs ressortissants, tandis que la Turquie a déjà rapatrié environ 250 personnes depuis samedi. L’un d’eux, Osman Horoz, employé dans une entreprise de BTP à Benghazi, a affirmé qu’il y avait eu "des attaques contre les étrangers".
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  •    Le colonel Kadhafi n’a toujours pas fait de déclaration officielle depuis le début du mouvement.
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  •    D’après des témoins, des "heurts violents" entre manifestants et forces de l’ordre ont fait "des morts et des blessés" samedi à Musratha, troisième ville du pays. Selon des témoignages concordants, les forces de l’ordre étaient appuyées par des "mercenaires africains" qui "tiraient sur la foule sans distinction".
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  •    Des "incidents" ont aussi eu lieu samedi soir dans certaines banlieues de Tripoli, notamment à Fachloum et Tajoura, où des coups de feu ont été entendus, selon des témoins cités par des opposants résidant à l’étranger.
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  •    En outre, un haut responsable libyen a déclaré dimanche à l’AFP qu’un "groupe d’extrémistes islamistes" retenait en otage des membres des forces de l’ordre et des citoyens à Al-Baïda, dans l’est du pays. Le groupe menaçait d’exécuter ses otages si les forces de l’ordre ne levaient pas le siège autour de lui.
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  •    Parallèlement, les autorités ont annoncé avoir arrêté dans "certaines villes" des dizaines de ressortissants arabes appartenant à un "réseau" ayant pour mission de déstabiliser le pays, a rapporté l’agence officielle libyenne Jana.
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  •    Des témoignages concordants faisaient en revanche état de prisonniers libérés par les autorités, en particulier à Tripoli et Zaouia.
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  •    Une tentative de sabotage sur des puits de pétrole au sud de Tripoli échoué dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué une source officielle faisant état de deux personnes blessées et de six Libyens arrêtés.
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  • Ennaharonline

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