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Lieberman et les dangers qui guettent Israël

  •    Ils l’écoutent attentivement parler du Hamas qu’il faut "faire tomber" à Gaza, de "l’illusion" du processus de paix, mais surtout de ces Arabes israéliens "qui soutiennent le terrorisme" et ne sont pas "loyaux" envers l’Etat "sioniste et juif".
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  •    A quelques jours des élections, le chef d’Israël Beiteinou est serein. Des sondages le créditent de 19 députés au parlement, contre 11 actuellement. Un score sans précédent qui en ferait le troisième parti du pays.
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  •    La présence massive des caméras dans la "salle de conférence" du centre commercial de Kyriat Motskin (nord d’Israël) atteste d’ailleurs du "phénomène Lieberman" dans cette campagne écourtée par la guerre à Gaza.
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  •    L’homme replet, au visage rond souligné d’un collier de barbe, n’est pas un tribun né. Son débit est lent, régulier, et il n’use d’aucun artifice pour faire passer son message.
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  •    "Sans loyauté, il n’y a pas de citoyenneté!", lance-t-il, sous les applaudissements du public, qui reprend en coeur le slogan de sa campagne. Beaucoup ont des écouteurs de traduction simultanée car ils ne parlent que russe.
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  •    Un groupe de jeunes militants fait virevolter des drapeaux israéliens.
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  •    Par le passé, Lieberman a appelé à l’échange de territoires peuplés d’Arabes israéliens, descendant des Palestiniens restés en Israël après sa création en 1948 –aujourd’hui 20% de la population– contre des parties de Cisjordanie.
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  •    Désormais, son cheval de campagne, c’est le bannissement de partis arabes israéliens "qui soutiennent le terrorisme". Il en veut pour preuve une manifestation, durant la guerre à Gaza, où la foule brandissait des drapeaux du Hamas.
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  •    "Même le chef du gouvernement (socialiste) espagnol, (José Luis Rodriguez) Zapatero, l’a fait avec des partis basques. Et je ne parle pas de l’Espagne de Franco, mais de celle d’un dirigeant de la gauche la plus extrême en Europe!", lâche-t-il.
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  •    Taxé de "fascisme" par ses détracteurs, Lieberman réplique que "la ligne de séparation n’est pas entre juifs et Arabes, mais "entre ceux qui soutiennent le terrorisme et ceux qui s’y opposent".
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  •    Si le discours est soigneusement pesé, le ton du film électoral diffusé auparavant est autrement plus alarmiste. La musique est dramatique et les slogans lapidaires.
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  •    Un caméraman israélien ne peut s’empêcher de lâcher, à voix basse: "c’est une honte… Qu’est-ce qui arrive à ce pays?".
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  •    Au terme du meeting, Indira Indilevitch, 59 ans, originaire de Moldavie comme Lieberman, est aux anges. "Il est le seul à avoir une vraie ligne politique", assure-t-elle.
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  •    Raciste, le leader d’extrême droite? Elle ouvre de grands yeux. "Non! Il est droit, loyal, il a une grande personnalité".
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  •    Moshé Malka, 67 ans, est lui aussi enchanté. "Il est exceptionnel! Il dit ce qu’il pense", se réjouit ce retraité, qui a toujours voté Likoud (droite).
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  •    "Je suis sûr qu’il sera un jour Premier ministre", poursuit-il. En attendant, "il doit avoir un ministère lié à la sécurité".
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  •    Yéhuda Abraham, garagiste de 52 ans, qui a toujours voté pour les travaillistes (centre-gauche), veut cette fois-ci un "homme fort" pour le pays.
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  •    "Les Russes, eux, assure-t-il, la force et l’ordre, ça les connaît".
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  • Ennaharonline/ AFP

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