Economie

L’OCDE relève une « profonde » inégalité des chances en France

L’Organisation pour la coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé mardi une « profonde » inégalité des chances entre les catégories socio-professionnelles en France se reproduisant à travers le système éducatif et les générations.

Dans une analyse écrite par Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE et Antoine Goujard, économiste principal, l’OCDE constate que si la redistribution par les impôts et les transferts sociaux est un « puissant » outil de réduction des inégalités de revenu, les inégalités d’opportunités sont « importantes », largement liées au système éducatif ».

« Les disparités entre catégories socio-professionnelles et territoires s’ancrent dès le plus jeune âge et les désavantages d’un milieu socio-économique moins favorisé se poursuivent à l’école », a jouté

l’analyse qui se base sur les enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA).

Pour l’OCDE, les divergences de niveau d’éducation conditionnent ensuite l’accès à l’emploi, « ce qui a des conséquences tout au long de la vie, notamment parce que le système de formation professionnelle ne permet pas de remédier à ces inégalités chez les moins qualifiés ».

Selon l’Organisation basée à Paris, les récentes manifestations des « gilets jaunes » pourraient n’être qu’une variante des fractures territoriales et sociales potentiellement liées à un même phénomène de rejet de la mondialisation qui s’est retrouvé dans plusieurs pays de l’OCDE.

Pour les auteurs de l’analyse, les raisons de ce mouvement « trouvent aussi leur racine dans une profonde inégalité des chances », soulignant qu’en France, il faut plus de 6 générations à une personne du bas de la distribution des revenus pour en rejoindre la moyenne.

« Plus de 15 % des adolescents de 15 ans ont de faibles compétences numéraires et de compréhension, ce qui se traduira probablement par des difficultés d’insertion dans la vie professionnelle », ont-ils ajouté, faisant remarquer que ces divergences d’accès au marché du travail se poursuivent tout au long de la vie, notamment parce que le système de formation professionnelle « ne permet pas de remédier à ces inégalités chez les moins qualifiés ».

Selon l’OCDE, la France se classe au 5ème rang des pays où les compétences des adultes sont les plus faibles.

Par ailleurs, l’analyse indique que les écarts de revenus reflètent les disparités d’accès au travail et la fiscalité, ajoutant qu’en France, « le revenu des 20 % les plus pauvres, comme le revenu disponible médian, n’a pas cru de 2008 à 2016 ».

« A ces écarts de distribution de revenus, il faut ajouter des dépenses contraintes de logement importantes », a-t-on souligné, recommandant

l’urgence de redonner la possibilité à chacun de réussir qui doit passer par une réforme du système éducatif.

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