Culture

Mahamat-Saleh Haroun: "L'Afrique a besoin de Cannes"

    
Le cinéma africain "a besoin" du festival  de Cannes pour "banaliser" sa présence et lutter contre son "invisibilité" à  l’étranger, a affirmé mercredi le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun, en  compétition officielle avec son film "Grigris", renvoyant aussi les cinéastes  de son continent à leur "responsabilité".    "Je pense que c’est important que l’Afrique soit présente à Cannes. Et il  faut que l’on se batte pour faire des films importants, qui soient présents  dans les grands rendez-vous cinématographiques. Le cinéma a besoin d’Afrique,  et l’Afrique a besoin de ces rendez-vous importants comme Cannes. Il faut que  notre présence soit vraiment banalisée", a indiqué le réalisateur à l’AFP.    "J’estime que ces festivals là sont importants, parce que nos films sont  déjà invisibles. Il n’y a pas de circuits de distribution, il n’y a pas de  visibilité dans notre propre continent. Donc il revient à chaque cinéaste  africain digne de ce nom de donner une visibilité à l’Afrique, en étant dans un  grand rendez-vous cinématographique", a-t-il ajouté.     Pour le réalisateur, qui avait obtenu le prix du Jury à Cannes en 2010 avec  son précédent film "Un homme qui crie", les difficultés de financement des  films africains ne peuvent suffire à expliquer leur faible présence dans les  rendez-vous internationaux.     "On a dit à un moment donné qu’avec le numérique, on pouvait produire pas  mal parce que ça ne coûtait pas cher", a-t-il souligné lors d’une conférence de  presse. Or "on a le numérique depuis un certain nombre d’années, et ça n’a pas  donné une explosion, en tout cas sur la visibilité dans ces grands festivals  là. Je constate aussi que le numérique n’a pas permis l’invention d’une  économie bien africaine", a-t-il poursuivi.    "On ne peut pas en permanence invoquer l’absence de financements, parce  qu’à un moment, il arrive aussi que peut-être les cinéastes peuvent avoir une  part de responsabilité", a-t-il encore jugé.    "Je me dis que le coup de tête, il faut aussi pouvoir le donner soi-même,  avant de dire qu’il faut qu’en permanence quelqu’un puisse nous donner un coup  de pouce", a-t-il poursuivi.  Présenté mercredi à Cannes, "Grigris" raconte l’histoire d’un Tchadien de  25 ans, Grigris, paralysé d’une jambe mais dont la passion consiste à danser le  soir dans les bars. Pour aider son beau-père tombé gravement malade, il va  cependant devoir travailler pour des trafiquants d’essence, et se retrouver  entraîné dans un engrenage dramatique. 
  

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