Monde

Malgré les morts, la lutte anti-Aqmi marque des points, dit-on à Tombouctou

  •    "Avant, on croyait que personne ne pouvait tuer un salafiste", dit à l’AFP Mohamed ould Akim, élu d’une municipalité de la région de Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako). 
  •  
  •    Mais quand, en 2010, "on les a vus fuir après l’attaque des Mauritaniens et des Français, quand on les a vus fuir toute la région de Tombouctou après l’intervention de l’armée malienne et surtout de l’armée mauritanienne, nous avons compris qu’ils ne sont pas invincibles".
  •  
  •    "Avant", dit aussi un médecin rencontré à Essakane, à la périphérie de Tombouctou en marge d’un festival culturel, "nous étions un peu abandonnés" dans cette immense région désertique du nord du Mali.
  •  
  •    "Comme nous vivons en brousse et qu’il n’y a pas de forces de sécurité, quand les islamistes passent par chez nous, nous ne pouvons rien. Mais depuis que les militaires mauritaniens, maliens et français sont passés ou patrouillent chez nous, nous sommes en paix", assure-t-il, sous couvert de l’anonymat.
  •  
  •    Un membre de la puissante coordination des arabes de la région de Tombouctou, Oumar Ould Ibrahim, avance même qu’"aujourd’hui, il n’y a plus d’éléments d’Aqmi dans la région de Tombouctou".
  •  
  •    Le raid franco-mauritanien de juillet 2010 au nord du Mali avait échoué à libérer l’otage français Michel Germaneau, dont Aqmi avait ensuite annoncé la mort. Mais Paris avait affirmé que sept islamistes avaient été tués.
  •  
  •    L’armée mauritanienne avait ensuite mené l’offensive contre l’unité d’Aqmi dirigée par l’Algérien Yahya Abou Hamame, dans la région de Tombouctou, théâtre de combats meurtriers.
  •  
  •    Puis Nouakchott a déployé dans le nord-ouest du Mali plusieurs centaines de ses soldats. "Nous allons pourchasser les terroristes jusque dans leurs derniers retranchements", déclarait le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l’AFP, il y a quelques semaines.
  •  
  •    La Mauritanie a aussi discrètement formé des "troupes spéciales" pour interpeller les complices locaux sans lesquels les islamistes ne peuvent pas survivre dans le désert. "Je peux vous dire que nous avons déjà arrêté une dizaine de complices, de sous-traitants d’Aqmi, dans tout le Sahel", assure à ‘AFP un colonel de l’armée mauritanienne, joint par téléphone.
  •  
  •    Mais, quelque part dans le désert, Aqmi séquestre toujours cinq Français, un Togolais et un Malgache, enlevés en septembre au Niger. Et, le 7 janvier, la région a été horrifiée d’apprendre l’enlèvement à Niamey de deux jeunes Français, retrouvés morts le lendemain, après un assaut des forces spéciales françaises contre leurs ravisseurs, au sud de Ménaka. 
  •  
  •    "On ne pourra pas dire que les Français jouent aux militaires colons en Afrique", juge cependant Abdoulaye Conté, sociologue guinéen chargé de cours à l’université du Mali. "Ils ont opéré avec le feu vert du Mali qui a ouvert son espace et son aéroport. Et, surtout, les troupes nigériennes ont participé. C’est une coalition contre le terrorisme", dit-il.
  •  
  •    Pour Oumar Touré, enseignant dans la ville malienne de Gao, la lutte anti-Aqmi avance: "à partir du moment où le Mali accepte de mettre un aéroport à la disposition des Français (à Ménaka, ndlr), on peut intercepter n’importe quel ravisseur qui amène les otages soit au nord du Mali, soit en Algérie, soit au Niger. La zone est quadrillée".
  •  
  •    Lieutenant de l’armée malienne, Babaye Traoré se persuade même qu’à présent, "les éléments d’Al-Qaïda réfléchiront longtemps avant d’enlever un otage parce que désormais, ils savent qu’on peut les rattraper".
  •    
  • Ennaharonline

commentaires

commentaires

Voir plus

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *