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Mali: création d'un mouvement pour le dialogue entre pro et anti-junte

   
 Des jeunes, artistes, hommes de médias et  opérateurs culturels au Mali, qui se disent "déçus des politiques", ont lancé  lundi à Bamako un mouvement qui a appelé les militaires putschistes à quitter  le pouvoir et prôné le dialogue entre les partisans et détracteurs de la junte.    "Le coup d’Etat, fut-il légitime, demeure un acte illégal", a déclaré lors  d’une conférence de presse Mohamed Bathily dit "Ras Batch", animateur de radio  et porte-parole de ce mouvement baptisé "Les Sofas de la République", en  référence aux guerriers d’un des empires ayant marqué l’histoire du pays.     Parmi les membres du mouvement, figurent le groupe Tata Pound et le rappeur  Yéli Madi Konaté dit Yeli Fuzzo, rappeurs célèbres dans le pays et à l’étranger.    "Au lieu de permettre le renforcement de l’unité nationale, de susciter le  patriotisme en cette période cruciale" marquée par la conquête de trois régions  du nord du pays par des groupes armés de rebelles touareg et d’islamistes, "le  coup d’Etat est une cause de plus d’approfondissement de la fracture sociale",  a ajouté M. Bathily.    "La démocratie, la gouvernance et l’Etat étaient (mal en point) au Mali"  avant le putsch, "mais c’est aux hommes, aux Maliens, de les parfaire en usant  des moyens démocratiques et républicains", a-t-il dit.    Selon lui, les "Sofas" ont créé leur mouvement parce qu’ils sont "déçus des  politiques mais soucieux de la chose publique" et ont pour slogan: "Ca suffit!".    Ses responsables ont fustigé le camp soutenant la junte tout autant que ses  opposants, et les ont invités à dépasser leurs divergences pour dialoguer. Ils  ont demandé aux putschistes de quitter le pouvoir, et appelé à doter les  militaires de moyens et d’armes pour leur permettre d’assurer leur mission de  défense des Maliens et de l’intégrité territoriale du Mali.    "Notre collectif est une sorte d’organisation de surveillance de la vie  politique, nous ne voulons pas que ce soit un collectif de circonstance" mais  dans l’immédiat, la priorité est le dialogue, pour faire face, ensemble, à la  crise au Nord, a expliqué Abba Samassékou, animateur et producteur, autre  responsable du mouvement.    Pendant la conférence de presse, un responsable du mouvement a annoncé les  sanctions décidées contre le Mali, avec effet immédiat, par la Communauté  économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) jusqu’au rétablissement  de l’ordre constitutionnel.    "C’est une très mauvaise nouvelle pour le Mali", enclavé et pauvre, "je ne  crois pas qu’un seul Malien soit fier de ce qui se passe aujourd’hui", a  commenté à l’AFP Alioune Ifra Ndiaye, entrepreneur culturel.    Selon leur porte-parole, "Les Sofas de la République" souhaitent "que les  politiques, la Cédéao et la communauté internationale tiennent compte de la  situation qui prévalait" avant le coup d’Etat "et de la motivation des  militaires dans les négociations qu’ils auront avec la junte", pour le bien du  Mali, "un pays dont le riz, le lait, les médicaments et toutes les denrées de  premières nécessités proviennent de l’extérieur".
 
 
 Algerie – ennaharonline
 
 

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