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Manifestation à Paris pour la reconnaissance de l'abandon des harkis

       Environ 150 anciens harkis ou leurs  descendants ont manifesté dimanche à Paris pour réclamer le respect des  promesses de François Hollande sur la reconnaissance de l’abandon par la  France, à la fin de la Guerre d’Algérie, de ces supplétifs de l’armée  française, a constaté un journaliste de l’AFP.    Vieux harkis couverts de médailles, hommes plus jeunes, femmes accompagnées  d’enfants s’étaient réunis devant le Palais de Justice à l’appel d’une  quarantaine d’organisations.    Après avoir crié des slogans comme "Abandon, trahison, les harkis sont dans  la rue" ou "La reconnaissance, c’est maintenant", ils ont manifesté vers le  ministère des Anciens combattants où le cortège a été stoppé par un cordon de  CRS.    Selon l’un de leurs représentants, un délégué devait être reçu par un  membre du cabinet du président François Hollande, auquel il devait remettre une  lettre pour exprimer leurs revendications.    En avril 2012, durant la campagne pour l’élection présidentielle, le  candidat socialiste s’était engagé en cas de victoire "à reconnaître  publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des  harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des  familles transférées dans des camps en France".    Le 25 septembre, le chef de l’Etat a reconnu la "faute" de la France dans  "l’abandon" des harkis, dans un message à l’occasion de la journée d’hommage  national aux harkis.    Un geste jugé insuffisant par nombre d’associations qui attendaient un  décret ou l’inscription de cette reconnaissance dans la loi.    Selon les organisations, la communauté compte quelque 700.000 harkis et  descendants de harkis.    Parmi leurs revendications : faire du 12 mai une Journée de l’abandon.  C’est à cette date qu’en 1962, un échange de télégrammes entre les ministres  Pierre Messmer et Louis Joxe avait scellé le refus de l’accueil des harkis en  France après les Accords d’Evian, signés en mars de la même année et mettant  fin à la guerre.    A l’approche du ministère des Anciens combattants, rue de Bellechasse, les  manifestants ont respecté une minute de silence avant de se disperser. Quelques  minutes auparavant, ils avaient manifesté bruyamment devant le siège du Parti  socialiste, rue de Solférino, où ils ont accroché des banderoles et jeté des  tracts dans la cour.    Selon les historiens, 55.000 à 75.000 supplétifs de l’armée française ont  été abandonnés après le cessez-le-feu en l’Algérie et furent les victimes de  sanglantes représailles. Pour le Comité national de liaison des harkis, le  nombre de sacrifiés dépasse les 100.000.    Quelque 60.000 harkis avaient été admis en France et logés dans des camps  de fortune. 


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