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Manifestation en faveur des Yéménites détenus à Guantanamo

Des dizaines de proches de détenus à  Guantanamo et des militants ont manifesté mardi devant l’ambassade américaine à  Sanaa pour demander la libération des Yéménites incarcérés dans cette prison  américaine, dont plusieurs sont en grève de la faim.    "Obama, Obama, assez de détentions", ont scandé les manifestants, dont une  vingtaine étaient revêtus de la combinaison orange des détenus.    "Nous appelons le gouvernement américain à libérer rapidement les détenus  de Guantanamo", proclamait une pancarte brandie par les manifestants, réunis à  l’appel d’ONG yéménites.    Selon Mohammad Al-Ahmadi, un responsable de l’ONG locale Al-Karama, "les 94  détenus yéménites à Guantanamo sont en grève de la faim".    "Nos fils sont torturés, ils sont actuellement en grève de la faim, et  aucune organisation humanitaire ne se mobilise en leur faveur", a affirmé au  correspondant de l’AFP une femme intégralement voilée, se présentant comme Oum  Haël Al-Mazloum.    "Les Américains disent qu’ils détiennent nos fils pour les réhabiliter,  qu’ils nous les rendent et nous nous en chargerons", a ajouté la femme, selon  laquelle son fils, arrêté au Pakistan où il travaillait, "n’a aucun lien avec  le terrorisme".    Les manifestants ont remis à un représentant de l’ambassade américaine une  pétition appelant à libérer les prisonniers à Guantanamo.    La grève de la faim, observée pour certains détenus depuis plus de deux  mois, affecte une centaine selon leurs avocats. Selon les autorités  américaines, 43 détenus sont en grève de la faim dont 11 sont alimentés de  force.    Dans une tribune publiée lundi par le New York Times, intitulée "Guantanamo  est en train de me tuer", le Yéménite Samir Naji al-Hasan Moqbel, emprisonné  depuis plus de 11 ans, a décrit les souffrances qu’il endure lorsque les  gardiens de la prison le nourrissent de force.    "Nous sommes si nombreux à faire la grève de la faim maintenant qu’il n’y a  plus assez de personnels médicaux qualifiés pour effectuer ces gavages", a dit  M. Moqbel, en grève de la faim depuis le 10 février.    Il reste 166 détenus, pour la plupart emprisonnés depuis plus de 11 ans  sans inculpation ni procès, dans cette prison située sur une enclave à l’est de  Cuba. Parmi eux, une majorité de Yéménites pour lesquels le président Barack  Obama avait décrété un moratoire sur les transferts en janvier 2010. 

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