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Massacre de tirailleurs africains en 1944: plainte contre l’Etat français

Le Cran a précisé avoir saisi la Commission de révision des condamnations pénales pour obtenir la réhabilitation de l’un des tirailleurs condamnés. Le Tribunal de grande instance de Paris a par ailleurs été saisi d’une plainte pour "disparition inquiétante ou meurtre", a indiqué le président du Cran, Louis-Georges Tin.

Cette action est intentée alors que le président français François Hollande doit rendre hommage dimanche aux tirailleurs, ces soldats africains de l’armée coloniale française. Il doit également, en marge d’un sommet de la Francophonie organisé à Dakar, remettre les archives de la France sur ce dossier, conformément à un engagement pris en 2012.

La demande de révision concerne le procès d’Antoine Abibou, un tirailleur condamné en 1944 pour rébellion. La plainte pour disparition inquiétante vise à faire reconnaître le nombre de victimes, volontairement sous-évalué, selon le Cran.

Près de 1.300 tirailleurs, anciens prisonniers de guerre des Allemands et démobilisés, s’étaient mutinés pour réclamer le paiement de leurs primes et un traitement équitable par rapport à celui de leurs anciens frères d’armes français. Un bilan officiel, qui n’a jamais fait l’unanimité parmi les historiens, faisait état de 24 tirailleurs tués.

Mais les travaux récents de l’historienne Armelle Mabon "démontrent qu’il y a eu environ 300 disparus", a affirmé M. Tin à l’AFP. "Comme les corps n’ont pas été retrouvés, il n’y a pas de prescription", a-t-il souligné. "La mutinerie est une invention forgée de toutes pièces pour justifier a posteriori un massacre destiné à régler le problème de manière sommaire", a-t-il ajouté.

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