En direct

Menace d'une alliance d'Aqmi avec les "talibans" du Nigeria

  •    Avec quelque 150 millions d’habitants, également répartis entre chrétiens et musulmans, le Nigéria est le théâtre d’épisodes récurrents de violences à conotations ethniques et religieuses qui ont fait des centaines de tués depuis le début de l’année. 
  •    L’émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abou Moussab Abdel Wadoud, a entrepris de nouer des relations avec la secte violente islamiste Boko Haram, surnommée "talibans", qui affronte régulièrement les autorités d’Abuja. 
  •    Rêvant d’étendre vers le sud sa zone d’action, l’émir, également connu sous le nom d’Abdelmalek Droukdal, a lancé, début février, un appel sur internet aux "musulmans du Nigeria". 
  •    "Nous sommes prêts à entraîner vos fils à manier les armes et à leur apporter toute l’aide qu’on peut fournir – en hommes, en armes, en munitions et en équipements – pour leur permettre de défendre notre peuple du Nigeria", leur a-t-il dit, "et repousser l’hostilité de la minorité des croisés". 
  •    Et son offre de service doit être prise au sérieux, selon des sources interrogées par l’AFP en Mauritanie, en Algérie et en Europe.
  •    A Nouakchott, un magistrat spécialiste du dossier, qui demande l’anonymat, confie: "la décision de contacter les talibans du Nigeria a été prise. Et pour les hommes d’Aqmi au Sahel, qui se déplacent facilement dans la région, notamment au Niger qui jouxte le Nord du Nigeria, ce n’est pas difficile."  
  •    Un diplomate occidental en poste dans la capitale mauritanienne ajoute: "Il y a eu des tentatives de contacts entre Aqmi et les talibans. Des gens qui se rencontrent et se parlent".  
  •    "Pour les talibans, c’est intéressant: la franchise Al-Qaïda est prestigieuse, c’est une grosse organisation, qui peut se vanter de ses succès", ajoute-t-il. 
  •    Boko Haram, secte dont le nom en langue haoussa signifie "l’éducation occidentale est un péché" et qui se réclame des talibans d’Afghanistan, est née dans le Nord en 2002, deux ans après un appel lancé par Oussama ben Laden aux musulmans nigérians à se soulever. En juillet 2009, après cinq jours de combats qui ont fait au moins 800 morts, l’armée nigériane les a écrasés dans leur fief de Maiduguri, tuant leur chef. 
  •    Mais selon un spécialiste consulté par l’AFP à Lagos, le groupe se serait restructuré dans la clandestinité. 
  •    Le chercheur français Jean-Pierre Filiu, auteur d’un rapport pour le centre de réflexion américain Carnegie intitulé "Al-Qaïda peut-elle devenir africaine au Sahel ?"estime: "même si la violence au Nigeria a des causes locales et non importées, l’offre de services de Droukdal a donné l’impression que le Nigeria est devenu la préoccupation principale d’Aqmi". 
  •    Pour l’instant, ajoute-t-il, seuls une poignée d’individus, "des membres de base, ont rejoint Aqmi depuis le Nigeria (…) et ces ralliements se sont faits davantage par dérive délinquante et via les réseaux mafieux que par compagnonnage idéologique". 
  •    Mais si cette collusion se concrétise, elle représente une menace sérieuse, estime le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, spécialiste du jihadisme, auteur notamment du livre "Les Afghans algériens".
  •    "Cette alliance, si elle intervient dans les semaines ou les mois à venir, chamboulera toute la région (…) Les Nigérians ont des hommes, de l’argent. S’ils s’allient vraiment, ils représenteront un immense danger". 
  •    Boko Haram avait menacé fin mars, dans un entretien à l’AFP, de mener des actions extérieures, y compris contre les Etats-Unis.
  •    "L’Islam ne reconnaît pas les frontières internationales, nous allons mener des actions (…) partout dans le monde si nous avons de la chance", a alors affirmé son porte-parole, Musa Tanko, à Kano (nord).    
  •    
  • Ennaharonline

commentaires

commentaires

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Le contenu est protégé !!