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Missiles sol-air pillés en Libyens: quel risque ça peut représenter?

  •    C’est le cauchemar de tous les services anti-terroristes du monde: un tir de missile SA-7 contre un avion de ligne, au décollage ou à l’atterrissage, en Afrique ou au Maghreb.
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  •    Les arsenaux du colonel Khadafi contenaient quelque 20.000 de ces redoutables engins, plus ou moins récents et, selon des sources concordantes, plusieurs seraient déjà passés aux mains de trafiquants et proposés sur le marché au Sahel, où opèrent notamment les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
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  •    "Nous avons eu vent du fait qu’ils cherchent des modes d’emploi de SA-7, en arabe" confie à l’AFP un responsable de la lutte anti-terroriste en France. "Mais rien ne dit que ces missiles soient en état de fonctionnement. Et leur emploi est plus complexe qu’il n’y paraît". 
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  •    Un autre spécialiste, qui ne veut pas non plus être identifié, précise: "On sait que des trafiquants touaregs ont mis la main sur des SA-7 libyens. Mais ils vont avoir de sérieux problèmes de maintenance. Pour leur mise à feu, ces missiles fonctionnent avec des batteries thermiques, qui doivent être changées. Nous ne pensons pas qu’Aqmi ait les filières nécessaires pour se procurer ce genre de pièces". 
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  •    Le SA-7, qui a commencé à être fabriqué en 1972 par l’Union Soviétique puis des pays du bloc de l’Est, n’est complet et opérable que si on y adjoint la batterie et une crosse amovible. 
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  •    La batterie thermique (9B17) alimente le système de visée et de détection des sources de chaleur, qui permet à l’engin de se diriger seul vers les réacteurs de l’appareil ciblé, qu’il peut atteindre jusqu’à 4.500 mètres. 
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  •    Elle est la plupart du temps stockée à part. De nombreuses caisses de SA-7 ont été trouvées, vides, par des journalistes et des experts occidentaux dans les arsenaux de forces loyales au colonel Khadafi. Les batteries étaient parfois abandonnées sur place. Sur des photos, des rebelles paradent, des SA-7 à l’épaule mais souvent sans leur système de mise à feu. 
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  •    A Washington Matthew Schroeder, spécialiste des missiles sol-air, dirige le Projet de surveillance des ventes d’armes de la Federation of american scientists (FAS). "En théorie, ces missiles ont une durée de vie de dix à vingt ans. Mais nombre d’entre eux sont vieux et pourraient ne pas fonctionner correctement. S’ils ne sont pas bien stockés, ils peuvent être endommagés. Il n’est pas bon de les sortir de leurs caisses et de les jeter à l’arrière d’un pick-up: ce ne sont pas des kalachnikovs…."
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  •    Autre écueil pour des apprentis terroristes dans le Sahel: apprendre à s’en servir. 
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  •    "Il faut être entraîné", dit M. Schroeder. "Ce n’est pas aussi simple qu’on le dit parfois. Si vous avez été formé ce n’est pas compliqué. Mais, surtout avec les vieux modèles, si vous voulez avoir une chance raisonnable d’atteindre la cible, il faut savoir ce que vous faites". 
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  •    En juillet 2010, il a rédigé, pour la revue Foreign Policy, un article intitulé: "Arrêtez de paniquer à propos des Stingers". 
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  •    Largement distribués aux moudjahidines afghans lors de la guerre contre les Soviétiques, les missiles sol-air US Stinger, équivalents plus efficaces des SA-7, ont donné pendant des années des sueurs froides au Pentagone, qui craignait que certains fussent encore actifs et employés contre avions ou hélicoptères américains. 
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  •    Un coûteux programme de rachat de ces armes a permis d’en récupérer beaucoup, mais sans doute pas tous. 
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  •    Mais, assure M. Schroeder, "dans le récent conflit en Afghanistan, je n’ai enregistré aucune utilisation de Stinger depuis 2001. Je ne connais aucun exemple d’avion abattu par un Stinger".
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  • Ennaharonline/ AFP

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