Monde

Nouveaux affrontements meurtriers à Kiev, trois manifestants tués selon l'opposition

De violents affrontements ont de nouveau  éclaté mardi à Kiev entre opposants au président Viktor Ianoukovitch et  policiers, faisant au moins trois morts parmi les manifestants selon  l’opposition.  Ces violences surviennent après plusieurs semaines d’accalmie et alors que  l’opposition avait promis une "offensive pacifique" pour mettre la pression sur  les députés, rassemblant plus de 20.000 personnes pour un défilé qui a dégénéré.  Les forces de l’ordre qui gardaient les accès au parlement ont eu recours au gaz lacrymogène, jeté des grenades assourdissantes et tiré des balles de  caoutchouc sur les manifestants après que ces derniers eurent jeté des pavés et  des cocktails Molotov. "Au moins trois personnes ont été tuées. Toutes ont été atteintes par  balles", a déclaré aux journalistes Oleg Moussiï, chef du service médical de  l’opposition, sans préciser s’il s’agissait de munitions en caoutchouc, qui  peuvent parfois être meurtrières à courte portée, ou de balles réelles. Il n’était pas possible de vérifier immédiatement ce bilan.  Il s’agit des premiers affrontements à Kiev depuis ceux de la fin janvier qui avaient fait quatre morts et plus de 500 blessés. Deux des victimes avaient été tuées par balles réelles. Au moins 150 manifestants ont aussi été blessés mardi, dont 30 grièvement, a-t-il ajouté, soulignant que l’un d’entre eux avait eu la main arrachée en  ramassant une grenade assourdissante. Trente-sept policiers ont aussi été blessés, de source officielle.  Les violences ont cessé en milieu d’après-midi, les Berkout, policiers  anti-émeutes ayant repoussé les manifestants de la zone proche du parlement. Dans la matinée, des manifestants encagoulés avaient incendié plusieurs camions postés aux environs du parlement avec des cocktails molotov. Entre 200 et 300 manifestants ont brièvement pris le contrôle du siège du Parti des régions du président Viktor Ianoukovitch, situé non loin du parlement.  Après avoir lancé pavés et cocktails molotov, les manifestants ont pris le  contrôle des locaux, qui étaient envahis de fumée, avec plusieurs foyers  d’incendie. Ils ont ensuite dû battre en retraite à l’approche des policiers anti-émeute.  Dans la matinée le cortège était parti du Maïdan, la place de  l’Indépendance, occupée depuis près de trois mois par les manifestants hostiles au régime du président Viktor Ianoukovitch. Les affrontements ont ensuite éclaté en plusieurs endroits dans le quartier  gouvernemental, selon des journalistes de l’AFP. La Russie a aussitôt condamné ce regain de violences en Ukraine, qu’elle a  attribué à la politique des Occidentaux.     

Bloquer le parlement

"Ce qui se produit actuellement est le résultat direct de la politique de  complaisance des hommes politiques occidentaux et des structures européennes  qui, depuis le début de la crise, ferment les yeux sur les actes agressifs des  forces radicales en Ukraine, encourageant de fait l’escalade et les  provocations envers le pouvoir légal", a estimé le ministère russe des Affaires  étrangères dans un communiqué. Deux responsables de l’opposition ont rencontré lundi la chancelière  allemande Angela Merkel, qui s’est inquiétée d’une situation toujours très  tendue. Dans la matinée, l’opposition avait expliqué que le but des manifestants  était "d’encercler le Parlement, de le bloquer pour ne pas laisser les députés nommer un Premier ministre russe". Selon son entourage, le président Ianoukovitch pourrait présenter dès mardi un nouveau Premier ministre. L’opposition accuse le pouvoir ukrainien de céder aux pressions de Moscou,  depuis  que Ianoukovitch a renoncé en novembre à signer un accord  d’association avec l’Union européenne, pour se tourner vers la Russie. La Russie a octroyé en décembre un crédit de 15 milliards de dollars, dont  3 milliards ont déjà été versés, et un important rabais sur le prix du gaz.  Elle a annoncé qu’elle allait verser "cette semaine" une nouvelle tranche de 2  milliards de dollars à l’Ukraine, en manque de liquidités et au bord d’un  défaut de paiement. L’un des leaders de l’opposition, Vitali Klitschko, a renouvelé mardi sa  demande d’une présidentielle anticipée, à l’annonce des nouvelles violences.  "Le seul homme qui peut résoudre ce conflit doit convoquer des élections présidentielle et parlementaire anticipées", a déclaré M. Klitschko en  référence au président Ianoukovitch. L’ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt a regretté la reprise des  violences.  Mais l’opposition s’impatiente, alors que les négociations avec le pouvoir  sont au point mort, en dépit de la démission du gouvernement fin janvier.

commentaires

commentaires

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Le contenu est protégé !!